2013 dans le rétro

REUTERS/Lucy Nicholson

Dans quelques heures, l’année 2013 se terminera, refermant un chapitre magnifique de l’histoire des Spurs. Une année marquée par de nombreux succès, une poignée de défaites douloureuses, mais surtout des souvenirs inoubliables. Voici un récapitulatif (non exhaustif) en images, de tout ce qui s’est passé pendant ces 365 jours durant lesquels nous aurons tant vibré.

(Certaines images peuvent heurter la sensibilité des fans les plus extrêmes. Nous déclinons toute responsabilité en cas de mal-être à l’issue de la lecture de cet article. On vous aura prévenus.)

 

2 février : Un géant à terre

Tout aurait pu prendre fin, ce jour-là. Au cours d’un match anodin face aux Wizards, Tim Duncan s’effondre après avoir vu Martell Webster lui retomber sur les jambes bien involontairement. Le genou gauche et la cheville droite sont touchés et il lui faudra quelques minutes pour se relever, plongeant l’AT&T Center dans un silence de cathédrale. On verra même Gary Neal effectuer un discret signe de croix pour son coéquipier. « Je n’avais jamais vu Tim comme ça avant. Je l’avais déjà vu prendre des coups ou se faire mal, mais d’habitude, il se relevait très rapidement » confiera Danny Green après le match. Webster était de son côté très gêné : « Mes pensées et mes prières vont vers lui, j’espère qu’il ira bien et qu’il récupérera rapidement ».

Les rumeurs les plus folles courront pendant quelques heures, mais le diagnostic sera finalement rassurant. Mieux, Duncan ne manquera que quatre matchs avant de reprendre la compétition juste avant le All-Star Break, assurant même sa place au match des étoiles. Immortel, on vous dit… Duncan confiera tout de même que son impressionnante genouillère responsable de la bonne santé de son genou gauche depuis quelques saisons, avait probablement sauvé ses ligaments qui auraient pu se rompre ce soir-là. L’annonce de son retrait des parquets aurait sans doute suivi rapidement. Rien que d’y penser nous met la chair de poule.

 

17 février : Trois Spurs au All-Star Game

Comme chaque année, ils n’ont eu aucune chance au vote populaire. Le temps où Tim Duncan faisait quasiment l’unanimité est révolu et le trio Dwight Howard-Blake Griffin-Kevin Durant est intouchable (et le sera pendant de nombreuses années, sauf cataclysme). Alors les Spurs ont attendu le vote des coachs pour obtenir deux strapontins, on ne peut plus mérités : Tony Parker (5ème sélection) et Tim Duncan (14ème), de retour après un an d’absence. Cerise sur le gâteau, Gregg Popovich a été désigné comme le coach de la conférence Ouest pour la 3ème fois de sa carrière (après 2005 et 2011). Une bonne occasion de contrôler le temps de jeu de ses poulains.

Pop sera tout de même conciliant avec son meneur, offrant 22 minutes de jeu à Tony Parker qui en aura fait bon usage (13 points, 5 passes et 2 interceptions) tandis que Tim Duncan se contentera logiquement d’un caméo (8 minutes) s’offrant néanmoins un joli dunk en transition pour son seul panier du match auquel il ajoutera 3 rebonds. On n’oublie pas également la prestation émérite de Matt Bonner au concours de tirs à 3pts lors duquel il échouera en finale face à Kyrie Irving.

 

21 février : Tony Parker éblouit le Staples Center

Tout juste sortis du All-Star Break, les Spurs ont rendez-vous avec le MVP de l’événement (Chris Paul) dans son antre. CP3 et TP sont les deux meilleurs meneurs de la NBA et la confrontation est retransmise sur le réseau national (TNT). Mais de match il n’y aura pas. Parker va ridiculiser Chris Paul toute la soirée en marquant 31 points à 12/16 aux tirs avec 7 passes décisives en seulement 28 minutes ! Le pauvre Paul est limité à 4 petits points à 1/4 aux tirs et 3 passes et les Clippers subissent leur plus large défaite de la saison au Staples Center (116-90). C’est qui le patron ? C’est Tony.

 

11 mars : Les Spurs montrent les crocs

Après avoir pris 30 points contre les Blazers trois jours plus tôt, les Spurs doivent passer au révélateur Oklahoma City, sans Tony Parker (cheville). Le début de match n’est pas fameux et la soirée s’annonce difficile (11 points de débours à la 16ème minute). Puis la lumière arrive. Trois tirs à longue distance enflamment la salle, de même qu’un dunk tonitruant signé Kawhi Leonard au terme d’un coast-to-coast. Tiago Splitter (21 points à 9/11 et 10 rebonds) domine les débats dans la peinture et les Spurs imposent un véritable combat physique à leurs opposants. La bataille est magnifique, et finalement remportée 105-93. On a déjà hâte d’être en playoffs.

 

29 mars : Éternel Tim Duncan

Les Spurs ont connu un mois de mars compliqué sans Tony Parker blessé à la cheville avec des victoires obtenues difficilement et des défaites douloureuses comme ce -30 contre Portland. Alors ils se tournent logiquement vers le grand Timonier Duncan (20,8 points à 54%, 11,6 rebonds, 3,1 passes et 2,8 contres en mars !) pour les guider. Parker est certes de retour depuis quelques matchs, mais c’est bien Duncan qui porte les siens face aux Clippers ce soir-là avec 34 points à 12/19 aux tirs et 10/10 aux lancers-francs ajoutés à 11 rebonds. Le match est disputé et l’adversaire du jour s’accroche, pour laver l’affront de la dernière rencontre entre les deux équipes. Toutefois, c’est bien Dream Tim qui aura le dernier mot. Ce match reste un des plus beaux de l’année 2013 à l’AT&T Center.

 

16 avril : Tracy McGrady, le Spurs killer arrive

Stephen Jackson prié de rentrer chez lui pour éviter de semer la zizanie dans le vestiaire, les Spurs lui cherchent un remplaçant. Son rôle ne devrait être qu’anecdotique, mais on ne sait jamais. C’est finalement Tracy McGrady, vieille connaissance qui rejoindra les Spurs pour les playoffs. Pour la petite histoire, ce court passage dans la rotation lui permettra de passer un tour de playoffs pour la première fois de sa carrière et de participer à une finale NBA. A quelque chose près, il aurait même pu remporter une bague symbolique… Mais il restera plus célèbre à San Antonio pour ses fameux 13 points en 35 secondes face aux Spurs en 2004, que pour ce passage éphémère.

 

26 avril : Les Lakers au bout du rouleau

Les Lakers ont connu une saison particulièrement frustrante. Annoncés un peu trop rapidement comme la nouvelle merveille du monde basketballistique, ils ont complètement manqué leur saison, entre les blessures, la « mésentente » du tandem Kobe Bryant-Dwight Howard, et le manque de stabilité d’un ensemble qui n’aura jamais fonctionné. Mais ils parviennent tout de même à sauver les meubles en se hissant en playoffs. A bout de souffle, ils réussissent même à faire bonne figure à San Antonio lors des deux premiers matchs, mais ce sera leur chant du cygne. De retour au Staples Center, ils vont couler face à des Spurs surs de leur force et de retour en pleine forme après une fin de saison régulière pénible. Les Lakers encaissent la pire défaite de leur histoire à domicile (120-89) lors de ce Game 3. Tim Duncan (26 points à 12/16 et 9 rebonds) et Tony Parker (20 points à 9/14 et 7 passes) sont irrésistibles.

 

6 mai : Miracle à l’AT&T Center

Passé le très tendre obstacle Lakers, les Spurs entrent de plein pied dans les playoffs avec la réception de la surprenante équipe de Golden State, emmenée par son tandem infernal Stephen Curry-Klay Thompson. Et après trois quarts-temps dans le Game 1, les Texans sont dans le dur. Steph Curry est incandescent (22 points dans la seule 3ème période !) et Thompson fait passer une sale soirée à Tony Parker. Les Warriors contrôlent le match et semblent se diriger vers une victoire facile (104-88 à la 44ème minute). Pour ajouter un peu de drame, Tim Duncan, affaibli par un virus dans la journée, quitte le terrain, définitivement pense-t-on alors.

Mais ces Spurs ont du cœur et vont nous le prouver en réussissant un improbable come-back. Perdu pour perdu, ils jettent leurs dernières forces dans la bataille. Profitant de la sortie pour 6 fautes de Klay Thompson, Tony Parker provoque sans cesse la défense des Warriors et ramène les siens presque à lui seul. Il signe 8 points et Kawhi Leonard en ajoute 5 pour un 13-0 qui relance le match. Boris Diaw ajoute deux lancers-francs, mais Jarrett Jack inscrit enfin un petit panier pour redonner de l’air aux Warriors. Pas assez cependant pour éviter une prolongation après un dernier tir à longue distance de Danny Green.

Sonnés, les Warriors ne s’en remettront pas et lâcheront un match qu’ils semblaient contrôler. Même s’il faudra tout de même un tir à 3pts de Manu Ginobili à la dernière seconde pour offrir la victoire aux Spurs après que l’improbable Kent Bazemore ait redonné l’avantage aux siens quelques instants plus tôt. Ce même Ginobili qui avait tenté un tir à 3pts inconsidéré dans le temps règlementaire. « Je suis passé de l’envie de l’échanger instantanément à celle de vouloir lui faire son petit déjeuner demain matin » commentera Gregg Popovich en conférence de presse. Quand le tout-puissant a choisi son favori, difficile d’aller contre lui. Les Spurs le comprendront également plus tard dans la saison…

 

10 mai : TP Time à l’Oracle

Les Spurs sont en appel au moment de rejoindre l’enfer de l’Oracle Arena. Sans le miracle du Game 1, ils seraient menés 2-0 et doivent impérativement trouver la clef pour contenir le furie de Stephen Curry et compagnie. Alors ils s’en remettent aux bonnes vieilles méthodes. Tony Parker prend les choses en main et ne laisse pas les Dubs respirer. Il enfourne 32 points avec 5 rebonds et 5 passes et assure le bon début de match des siens qui leur permet de rependre les commandes de la série. Définitivement.

 

19 mai : Tir de barrage (Acte 1)

Trois jours après avoir définitivement calmé les Warriors, San Antonio s’attaque à Memphis, gardant en tête l’élimination d’il y a deux ans et ce maudit Game 1, disputé sans Manu Ginobili, qui fut le tournant de la série. Alors pour s’assurer qu’une telle mésaventure ne se reproduirait pas, ils décident de faire tomber la grêle à 3pts : 14/29, nouveau record de la franchise en playoffs. La victoire est sans appel (105-83), même si ce record ne tiendra pas très longtemps…

 

21 mai : Tony Parker sert show

Deuxième victoire pour les Spurs face à Memphis et surtout record en carrière pour Tony Parker avec 18 passes décisives. Assez pour mettre sur orbite ses coéquipiers et empocher un deuxième succès.

 

25 mai : L’histoire ne se répète pas

Les Spurs sont sur leurs gardes au moment de rejoindre le Tennessee. En 2011, ils n’avaient jamais réussi à s’imposer là-bas, cédant dès le premier tour des playoffs. Un an plus tard, ils menaient 2-0 face à Oklahoma City avant de s’effondrer et de perdre les quatre matchs suivants. Le cauchemar semble se reproduire alors que les Spurs sont menés 29-13 après seulement 12 minutes. Mais ils ne se décomposent pas et vont revenir dans le match pour finalement s’imposer au terme d’une nouvelle prolongation dominée par un Tim Duncan des grands soirs (24 points, 10 rebonds et 5 passes). Les Spurs ne sont plus qu’à un match d’une 5ème finale NBA en 14 ans.

 

27 mai : Retour en Finale, Tony Parker au sommet de son art

Les Spurs ont l’avantage dans leur finale de conférence face aux Grizzlies mais n’en mènent pas large au moment de finir le travail. Après tout, deux de ces succès n’ont été obtenus qu’en prolongation et les hommes de Lionel Hollins voudront sans doute réussir ce qui pourrait être leur dernier match à domicile de la saison. Mais ils n’auront aucune chance. Les Spurs vont livrer une de leurs prestations les plus abouties, portés par un Tony Parker qui signe ici l’un des chefs d’œuvre de sa carrière : 37 points à 15/21 aux tirs dont 1/1 à 3pts et 6/6 aux lancers-francs, ajoutant 4 rebonds et 6 passes pour faire bonne figure. L’exigeante défense de Memphis n’aura absolument rien pu faire pour ralentir le phénomène. Les Spurs se qualifient sans coup férir pour la 5ème finale NBA de leur histoire, la 4ème pour le meneur français.

 

6 juin : The Shot, version Tony Parker

Ils ont attendu longtemps pour connaitre leur adversaire en finale mais sortent d’une grosse semaine de repos. Les Spurs entrent rapidement dans leur finale en ne perdant que 4 ballons durant l’ensemble du match et respectent parfaitement leur plan de jeu. LeBron James est globalement contrôlé et Tim Duncan gavé de ballons (20 points à 8/19 aux tirs, 14 rebonds, 4 passes et 3 contres). Mais encore une fois, c’est Tony Parker qui fera la différence. Avec 21 points, 6 passes et aucune perte de balle, il dirige parfaitement la manœuvre et signe le panier de la victoire après une série de dribbles incontrôlés et une chute face à Chris Bosh puis LeBron James. Un shoot qui entre instantanément dans la légende.

 

11 juin : Tir de barrage (Acte 2)

Les Finals sont de retour à San Antonio pour la première fois depuis 2007 et les Spurs font honneur à l’événement en infligeant une véritable correction au Heat de Miami. Les instigateurs ? Danny Green (27 points), Gary Neal (24 points) et Kawhi Leonard (14 points et 12 rebonds). Les Texans rentrent 16 tirs à longue distance (nouveau record de franchise en playoffs), ce qui constitue un record all-time pour un match de la finale NBA.

 

16 juin : La résurrection de Manu Ginobili

Gregg Popovich a mis longtemps à s’acclimater à la douce folie de Manu Ginobili, mais n’a jamais perdu sa confiance en lui. Alors quand il faut s’adapter au cinq de départ de petite taille du Miami Heat, Popovich n’hésite pas une seconde à lancer son fou génial, pourtant en souffrance (6/18 et 5,7 points en moyenne sur les Games 2-3-4) après une saison faite de hauts, mais surtout de bas. D’entrée de jeu, Manu force le destin et pose son empreinte sur le match. En deux minutes, il compile déjà 4 points et 2 passes. Le récital durera pendant 48 minutes. Ginobili termine avec 24 points (season-high) et 10 passes décisives pour permettre aux Spurs de remporter cette 5ème manche. Le temps d’un instant, Manu Ginobili est redevenu Manu Ginobili, le chouchou du public de San Antonio. Voilà l’image que les spectateurs de l’AT&T Center garderont de lui pour ce dernier match de la saison à domicile.

 

18 juin : Regrets éternels

On pensait avoir tout connu en terme de défaite frustrante (le mot est faible) : Derek Fisher en 2004, Dirk Nowitzki (Manu Ginobili) en 2006… On s’était trompé. Même avec le recul, la pilule ne passe pas. Probablement à jamais. Les Spurs ont globalement fourni une meilleure prestation que le Heat, mais ont flanché quand il ne fallait pas. Le premier tournant de ce match intervient au début du 4ème quart-temps. Une avance confortable (10 points) gâchée en quelques instants par quelques grossières erreurs défensives (notamment Gary Neal sur le fameux shoot de Mike Miller où il ne portait plus qu’une seule chaussure). LeBron James redevient LeBron James, mais les Spurs se retrouvent tout de même en position idéale grâce à deux instants bravoure signés Tony Parker (91-89 à l’entrée de la dernière minute) puis une balle perdue de ce même James offrant à Manu Ginobili la possibilité de donner 4 longueurs d’avance aux siens (93-89, 37 secondes à jouer).

Malgré cela, une succession improbable d’événements vont causer la perte des hommes de Gregg Popovich. Des erreurs de joueurs, de coachs, la faute à pas de chance, la faute à l’adversaire. Comme si une force supérieure ne souhaitait pas que cette saison NBA se termine ainsi. La lecture seule de ces quelques lignes suffit à rappeler la détresse dans laquelle toute la franchise, les joueurs, les fans, ont été plongés de longues semaines durant.

– Manu Ginobili est sur la ligne de lancer-franc. Il n’en rentre qu’un seul sur les deux. 94-89, 28,2 secondes.

– Gregg Popovich remplace Tim Duncan par Boris Diaw pour tenir les cinq « petits » mis en jeu par Erik Spoelstra. James envoie une « brique » à 3pts mais Kawhi Leonard (le meilleur rebondeur des Spurs sur le terrain) ne parvient pas à sécuriser le rebond après avoir zappé l’écran de retard sur Dwyane Wade. Le ballon retombe par miracle dans les mains de Mike Miller qui sert James dans un fauteuil. Comment peut-il être aussi seul ? Danny Green avait anticipé la prise du rebond défensif et était parti devant pour offrir une solution de passe. Mauvais choix, James ne manque pas sa seconde tentative. 94-92, 20,1 secondes.

– Hésitant, Kawhi Leonard prend le ballon mais ne remet pas en jeu sur Boris Diaw, pourtant totalement seul, et décide après quelques secondes d’utiliser le dernier temps-mort des Spurs. Après le temps-mort, Duncan remet en jeu sur Leonard qui est envoyé sur la ligne après un système globalement mal exécuté. Encore une fois, il ne peut en convertir qu’un seul. 95-92, 20,1 secondes.

– De nouveau, Gregg Popovich a choisi de se passer de Tim Duncan malgré le maintien sur le terrain de Chris Bosh, afin de changer plus facilement sur chaque écran du Heat. San Antonio décide également de ne pas faire faute. La première séquence défensive semble plutôt bonne et James n’obtient pas un shoot facile à 3pts. Mais Parker ET Diaw ne communiquent pas sur le dernier écran, et tentent de contester le tir, laissant Chris Bosh partir seul au rebond. Rebond offensif qu’il attrape facilement au-dessus de tout le monde pour ressortir sur Ray Allen qui va se démarquer dans le corner. Manu Ginobili, défenseur de Jesus sur la séquence précédente a été déséquilibré sur le rebond et ne peut aller contester le shoot. Parker arrive en soutien mais bien trop tardivement alors que Ray Allen a déjà enclenché sa mécanique parfaite. 95-95, 5,2 secondes.

– Les Spurs n’ont plus de temps-mort (cf celui demandé par Kawhi Leonard plus tôt). Petite hésitation durant quelques secondes, mais alors que Boris Diaw va finalement remettre en jeu (probablement sur Tony Parker), les arbitres arrêtent l’action pour vérifier si Allen était bien derrière la ligne à 3pts au moment de son tir. Duncan entrera même en jeu illégalement (interdiction de faire un changement sur un panier marqué) dans la confusion. Tony Parker tentera un raid en solo vers le panier, en vain. 95-95, Prolongation.

Mais encore une fois, cela n’empêchera pas les Spurs d’avoir plusieurs occasions de gagner ce match lors de la période supplémentaire. Ils comptent 3 longueurs d’avance à 2min42 de la fin (100-97) après un petit lancer de Tony Parker (qui avait manqué le premier). Finalement menés 101-100 à quelques secondes du terme de la prolongation, ils récupèrent le ballon. Manu Ginobili décide d’aller provoquer la défense de Miami mais sans succès. L’Argentin et Gregg Popovich deviennent fou réclamant une faute que le ralenti semble confirmer. Les Spurs auraient eu la possibilité de rependre l’avantage sur deux lancers-francs à 4 ou 5 secondes du terme. Mais les Dieux du basket n’étaient pas avec les Texans. Ray Allen inscrira deux nouveaux tirs de réparation et Chris Bosh contrera le dernier tir à 3pts désespéré de Danny Green dans le corner pour égaliser.

Voilà comment perdre un match, une finale qu’on ne doit jamais perdre en plusieurs leçons. Il est toujours facile de dire après la bataille qu’on aurait du agir différemment. Miami a eu le mérite de rien lâcher et d’avoir le brin de réussite qui fait la différence. Les Spurs en sont quittes pour l’une des plus grandes désillusions de l’histoire de la NBA.

 

20 juin : La détresse du Game 7

Comment se remettre en deux jours de la défaite la plus frustrante de votre carrière ? Telle était la mission des Spurs pour ce match 7. Beaucoup les voyaient couler psychologiquement et ne pas pouvoir surmonter la terrible déception. Grave erreur. Ce sont eux qui entrent le mieux dans le match avec notamment cette contre-attaque de Tim Duncan, sans doute la moins esthétique de l’histoire de la NBA. Mais petit à petit la fatigue se fait ressentir et c’est bien le Heat qui contrôle globalement le match de bout en bout. LeBron James livre une prestation homérique, réussissant quasiment (enfin) tous les tirs extérieurs que la défense des Spurs lui autorisera.

Les Spurs auront néanmoins leurs opportunités pendant ce match. Comment oublier l’image de Tim Duncan frappant de rage le sol après ce lay-up « facile » manqué face à Shane Battier qui aurait remis les deux équipes à égalité avec moins d’une minute à jouer ? Ces balles perdues de Manu Ginobili, par ailleurs admirable ? Ces dribbles inutiles de Danny Green ne parvenant plus à trouver la cible ? Les attitudes d’un Tony Parker exténué, limité par sa cuisse douloureuse ? Les Texans n’ont jamais été loin, mais n’ont jamais donné l’impression de pouvoir empocher la mise. C’est donc fort logiquement que Miami s’impose. Le buzzer final retentit mais les stars du Heat contiennent leur joie. James et Wade se dirigent instantanément vers Tim Duncan. « Si à 37 ans, je suis encore capable de jouer comme il le fait, alors je pourrais être heureux, je voulais juste montrer mon respect à un des plus grands joueurs de l’histoire », commentera Wade sur ABC. Après quelques étreintes, les Spurs retournent au vestiaire. Le début d’une longue intersaison à ruminer cette défaite. Dont les souvenirs ne s’effaceront sans doute jamais.

 

3 juillet : Manu Ginobili, Spur à vie

Il y a des free agents qu’on hésite à resigner, il y en a qu’on ne resigne pas. Et il y en a qu’on se doit de conserver, ne serait-ce que pour services rendus. C’était le cas de Manu Ginobili, pas toujours rémunéré à la hauteur de ses états de service et qui méritait bien un dernier bail chez les Texans. Même si ses jambes ne sont plus forcément à la hauteur de son immense talent, même si l’extraordinaire est désormais plus rare que l’ordinaire.

Cette signature pour deux ans confirme également la date d’expiration théorique des Spurs tels qu’on les connait depuis maintenant plus de 10 ans. A l’issue de la saison 2014-2015, seul Tiago Splitter sera sous contrat (et probablement Kawhi Leonard quand il aura reçu son gros chèque, dès qu’il le pourra). Duncan et Ginobili tireront probablement leur révérence et une page sera définitivement tournée à Fort Alamo.

 

 

10 novembre : Massacre au Madison Square Garden

Les Spurs ont attaqué leur saison de la bonne manière avec 5 victoires en 6 matchs mais ces succès sont étriqués et le niveau de jeu n’est pas toujours très intéressant. « Il n’y a pas grand-chose que j’aime dans notre début de saison, on gagne parce qu’on est vieux, qu’on sait ce qu’on a à faire et que nous avons eu un peu de chance » dixit Gregg Popovich. Un début de saison habituel en fin de compte. En cette après-midi new-yorkaise, ils vont enfin ajouter la manière en détruisant les Knicks dans leur antre. Une salle qui leur avait laissé de mauvais souvenirs la saison dernière, mais qui reste à jamais symbolique pour les Spurs (cf 1999…). Ce succès de 31 points est le plus important jamais enregistré face aux Knicks dans l’histoire de la franchise.

 

2 décembre : Tim Duncan Forever

Les plus grands l’ont connu. Ce fameux déclin qui fait irrémédiablement baisser le rendement individuel, signe du temps qui passe. A 37 ans et 7 mois, Tim Duncan semble pourtant étranger à ce concept jusqu’à maintenant. Certes, il n’est plus le joueur qu’il fut, capable d’emmener une équipe sur ses épaules à lui seul. Les Spurs ont su l’entourer au fil des années, lui ôter de la pression, du leadership et (surtout) du temps de jeu. Surveillé comme le lait sur le feu par Popovich, toujours persuadé de ne pas lui offrir assez de moments de repos. Duncan lui, aimerait ne jamais se reposer, mais il obéit, sans broncher. Quelque part, il sait bien que cette gestion lui est bénéfique. Sans elle, il n’aurait sans doute pas été capable de tourner à 18,9 points, 12,1 rebonds et 1,4 contres en moyenne par match durant toute une finale NBA face à une équipe sur-armée athlétiquement, de retrouver son statut de All-Star, d’être élu une nouvelle fois dans la All-NBA First Team (une première depuis 2007).

Pourtant, son âge semble l’avoir rattrapé en ce début de saison 2013-2014 avec une maladresse chronique et des chiffres en baisse. Mais cette mauvaise passe ne durera pas et Atlanta aura tout le loisir de s’en rendre compte ce soir du 3 décembre. Duncan enfile 23 points et gobe 21 rebonds, tout en ajoutant le game-winner. Il devient le plus vieux joueur à réussir un 20-20. « Mais qu’est-ce que vous lui faites à Duncan ? Il est censé avoir 100 millions d’années » commentera Mike Budenholzer ancien assistant de toujours de Popovich et nouveau coach des Hawks, mi-amusé, mi-dépité après le match. On commence à se le demander, effectivement…

 

4 décembre : Mexico dans le brouillard

Ce devait être un bel événement. La NBA organise un match au Mexique et les Spurs y gagnent un voyage moins long que pour rallier le Minnesota. Sauf que le match n’aura jamais lieu, la faute à un début d’incendie sur un générateur situé au 4ème étage de l’enceinte mexicaine. Une épaisse fumée va commencer à gagner l’aire de jeu, forçant la sécurité à évacuer les joueurs vers la sortie. Une soirée rocambolesque qui ne fait que commencer. Rapatriés en urgence vers San Antonio, les Spurs ne peuvent pas atterrir plus près qu’à Dallas, à cause de l’épais… brouillard qui règne dans la région. Quand ça ne veut pas…

 

19 décembre : L’Oracle Arena éteinte par les réservistes

Les Spurs ont fait l’expérience Oracle Arena en mode playoffs il y a quelques mois. Pas de quoi s’affoler pour un match de saison régulière, donc. Soucieux de reposer ses guerriers, Pop se prive même volontairement de Tony Parker, Tim Duncan et Manu Ginobili. Mais on ne se laisse pas berner pour autant, il nous a déjà fait le coup et les Spurs s’en sortent souvent avec les honneurs dans ce genre de configuration. Cette fois, ils feront encore mieux. Une victoire de prestige avec Patty Mills, Marco Belinelli, Kawhi Leonard et Boris Diaw en fers de lance et Tiago Splitter en exécuteur. On parie que ces Spurs-là seraient dans le Top 4 à l’Est…

 

29 décembre : Retour aux fondamentaux

Les Spurs traversent une passe difficile en cette fin d’année 2013. Le bilan est bon mais la manière n’est pas toujours présente. Confirmation dans ce match face à Sacramento, où les Kings dictent le tempo de la rencontre et mènent jusqu’à la moitié du 4ème quart-temps. Au bord du précipice, les Spurs remettent le sort du match entre les mains de leur Big Three. Bonne pioche, Manu Ginobili, Tim Duncan puis Tony Parker (dans cet ordre) règlent le money time en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Been there, done that

 

En bonus

Voici quelques bons moments de l’année passée. Entre les anecdotes de Manu Ginobili (et son talent d’imitateur), les interviews de Gregg Popovich à la télévision nationale (le cauchemar des journalistes) ou encore les « plaisanteries » de Tim Duncan, on ne s’ennuie jamais à San Antonio…

 

On se quitte en beauté avec quelques mixes sortis en 2013 par l’excellent K8N et bien sur, le Top 10 de la saison 2012-2013. En espérant que le bilan de l’année 2014 pourra être un peu plus réjouissant que ne l’était celui-ci. Profitez-bien de votre dernière journée/soirée de l’année chers lecteurs, encore merci pour votre fidélité et à l’année prochaine… Go Spurs Go.

  • JP Nourricier

    quel boulot, bravo….je regarderais tout ça tranquillement surtout les résumés des games des finales NBA où j’étais présent, j’espère tant y retourner en juin prochain 🙂 BONNE ANNEE ET GO SPURS GO !!!!

    • Vincemb

      Merci beaucoup, et bonne année également 🙂

  • toto

    Merci à toi pour ce travail remarquable !! c’est génial de pouvoir te lire en tant que fan et d’avoir tous ces résumé de match
    Bonne année et merci encore pour tous ces post !!
    GOSPURSGO !!

    • Vincemb

      Merci beaucoup et de rien, c’est un plaisir partagé, bonne année également 🙂