Ettore Messina rejoint le staff de Gregg Popovich

Quique Garcia/AFP/Getty Images

La rumeur courait dès le mois d’avril, et elle avait été confirmée par Daniele Labanti, du Corriere di Bologna qui avait maintenu ses positions, même après le démenti de R.C. Buford pendant les playoffs. Les Spurs ont officialisé hier l’arrivée d’Ettore Messina, légende du coaching en Europe, en tant qu’assistant de Gregg Popovich.

On ne présente plus le coach italien. Quatre fois vainqueur de l’Euroleague (1998 et 2001 avec Bologne, 2006 et 2008 avec le CSKA Moscou), Messina avait brièvement connu la NBA lors de la saison 2011-2012 où il tenait un rôle obscur de consultant pour les Lakers à l’époque coachés par Mike Brown (ancien assistant de Popovich…). Mais il est évidemment plus connu comme un des meilleurs techniciens que le vieux continent ait jamais connu.

A la Virtus Bologne d’abord, où il effectuera deux passages (1989-1993 puis 1997-2002) entrecoupés par la prise en charge de l’équipe nationale transalpine (médaille d’argent à l’Euro 1997 avec Carlton Myers ou Gregor Fucka notamment). Son deuxième passage correspond à l’époque où la Virtus était une équipe dominante en Europe (avec Antoine Rigaudeau, Sasha Danilovic, Marko Jaric, Rasho Nestrovic, parmi tant d’autres…). Il aura sous ses ordres pendant deux ans Manu Ginobili, avant que ce dernier ne fasse le grand saut pour la NBA. Marco Belinelli était aussi à Bologne à cette époque, mais jouait principalement avec l’équivalent de l’équipe espoir.

Messina a ensuite pris la direction de Trévise, du CSKA Moscou, où il connaitra également de nombreux succès, puis du Real Madrid, avant de s’envoler pour la NBA, où il ne restera qu’un an. Il retournera alors à Moscou pour deux saisons, avant de quitter le club officiellement en juin dernier. Gregg Popovich et R.C. Buford, observateurs avisés du basket mondial admirent depuis longtemps le travail de Messina.

Lorsque les Spurs ont commencé leur présaison face au CSKA Moscou en octobre dernier, Pop ne tarissait pas d’éloges sur son homologue : « On regardera le film de ce match attentivement, car je suis toujours impressionné par les équipes de Coach Messina. Ses joueurs pénètrent et passent mieux que nous le faisons. On essaie de le faire du mieux possible et on a adopté plusieurs choses du style de jeu européen, mais je veux être plus précis afin de voir ce qu’on peut faire pour être encore meilleur. »

Si le collectif offensif des Spurs est déjà réputé pour être le meilleur de la NBA, il pourrait encore se fluidifier avec l’arrivée de Messina, perspective effrayante pour le reste de la grande ligue. Non content de posséder le meilleur coach NBA, les Spurs disposent désormais d’un des meilleurs coaches d’Europe à sa droite. Un homme dont seul le manque d’expérience NBA (et aussi le fait qu’il vienne d’Europe) empêche les franchises NBA de lui faire confiance pour prendre en mains une équipe en tant que head coach.

Il remplacera Sean Marks sur le banc de Gregg Popovich, ce dernier retrouvant un poste au sein du front office au côté de R.C. Buford, un poste qu’il affectionne plus particulièrement. Marks était devenu un assistant cette saison pour pallier les départs inattendus de Mike Budenholzer et Brett Brown, mais avait toujours laissé entendre qu’il n’en faisait pas une priorité.

Évidemment, on est déjà tenté de voir en Ettore Messina le successeur de Gregg Popovich à la tête des Spurs. Le mariage semble idyllique tant les Spurs et Messina semblent sur la même longueur d’ondes au niveau basket, mais il reste un obstacle de taille : personne ne peut affirmer que Gregg Popovich ne sera pas toujours aux commandes dans 10 ans. Messina attendra-t-il aussi longtemps sans avoir la certitude que Pop se retire prochainement ? En attendant, les Spurs disposeront cette année du meilleur duo coach-assistant de toute la ligue, sans la moindre discussion possible.

« Je suis honoré de voir un tel personnage rejoindre notre programme » a indiqué Pop dans le communiqué des Spurs. « Coach Messina est un coach exceptionnel, un grand leader et on a tous quelque chose à apprendre de lui. » Manu Ginobili n’a pas tardé lui aussi à souhaiter la bienvenue à celui qu’il retrouvera 12 ans après son départ de Bologne.