La fin du monde n’aura pas lieu en 2015

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2015 est finalement arrivé. Plus vite qu’on ne l’aurait pensé. Il y a environ deux ans, les planètes semblaient s’aligner pour que cette saison 2014-2015 soit la dernière des Spurs version Big Three et c’était forcément inquiétant. Aujourd’hui, cette théorie tient toujours la route, même si l’incertitude régnant autour de Tim Duncan et Manu Ginobili pousse à rester mesuré.

Mais plusieurs choses ont changé depuis l’écriture de cette bafouille, un soir de mars 2013. D’abord, les Spurs ont remporté ce fameux titre NBA supplémentaire, acquis de haute lutte en juin dernier. C’était plus ou moins le dernier objectif de l’équipe et il a été rempli. Est-ce que cela aura été suffisant pour étancher la soif de victoire de ces compétiteurs hors-normes ? Certainement pas. Au moins cela aura-t-il permis de calmer certains fans. Mais surtout, un membre de ce Big Three est certain de poursuivre l’aventure : Tony Parker. Mieux, il a semble-t-il obtenu la « promesse » orale de Gregg Popovich que ce dernier ne suivra pas les pas de son franchise-player Duncan en cas de retraite. La prolongation de contrat signée l’été dernier par l’éternel Pop semble corroborer cette thèse. Si la fin du Big Three doit se confirmer, il y aura au moins quelques survivants. Mais deux membres pourraient décider de quitter la grande scène sans se retourner en juin prochain.

Je n’arrive pas à prévoir ma réaction quand Timmy et Manu annonceront leur retraite. Mais je sais que l’idée a fait son chemin dans mon esprit et que j’y suis désormais parfaitement préparé. Il n’y aura probablement pas de tristesse excessive, mais surtout une occasion unique de se remémorer tant de souvenirs inoubliables. J’espère que Manu s’exécutera en premier ou quelques semaines après Timmy, car il méritera de ne pas passer au second plan derrière Duncan, qui a gagné sa place parmi les 10 plus grands joueurs de l’histoire de notre sport et sera à coup sur dignement célébré à travers tout le pays.

Marc Gasol, Al Jefferson ou Paul Millsap sont autant de noms intrigants pour succéder au Big Fundamental dans la peinture tandis que l’héritage de l’artiste argentin pourrait être compensé par la promotion interne. La trace laissée dans nos cœurs sera infiniment plus grande que celle laissée sur le terrain, on peut en être certain. Gregg Popovich et R.C. Buford ont balisé le futur depuis plusieurs saisons et celui-ci s’annonce rassurant. Il n’est pas question de tanking sauvage ou de reconstruction méthodique pour envisager de demeurer parmi les meilleures équipes de la ligue.

Alors oui, nous sommes en 2015 et cette année pourrait bien marquer la fin d’une ère. Une époque marquée par une équipe exceptionnelle dont on parlera encore dans 50 ans. Comme les Celtics des années 1960, les Lakers et les Celtics des années 1980, les Bulls des années 1990, il y aura les Spurs des années 2000. Parmi les Bill Russell, Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar, Larry Bird, Michael Jordan, il y aura Tim Duncan. L’homme providentiel arrivé un soir de 1997, alors qu’il aurait du trouver refuge autre part. Pendant longtemps, l’horizon 2015 était effrayant. Aujourd’hui, il est porteur d’espoir.

L’espoir d’ajouter un 6ème titre à notre collection, de voir nos trois héros continuer à multiplier les exploits, de pouvoir observer sous nos yeux l’évolution de Kawhi Leonard… Et j’en passe. Nos Spurs traversent actuellement une période de turbulences sans précédent et pourtant, je reste optimiste. Cette équipe n’a jamais déçu et saura retrouver des couleurs au moment opportun pour tenter une nouvelle quête du Graal. Et si elle n’y parvient pas ? Alors il faudra s’en contenter et accepter que le tour d’une autre équipe était arrivé. Sans regret et sans rancune.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une très belle année 2015, et que toute la réussite du monde vous accompagne dans votre vie personnelle. C’est bien plus important qu’un quelconque résultat d’une équipe de basketball, quelle qu’elle soit. Mais j’espère qu’on pourra de nouveau effectuer quelques célébrations ensemble au mois de juin, puis s’ils en décident ainsi, qu’on fêtera dans la joie et la bonne humeur le départ définitif de deux monuments de la franchise. Ils l’auront bien mérité.