Le discret All-Star Weekend de Tim Duncan

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Tim Duncan est un grand professionnel. A l’issue de cette fin de semaine passée à New York, personne ne pourra affirmer qu’il aurait préféré passer son All-Star Break sur une plage de St.Croix, son île natale ou ailleurs, loin du grand barnum de mi-saison de la NBA.

Il a fait le job. Avec entrain lors des activités organisées par NBA Cares, avec un peu moins d’enthousiasme devant la presse, même s’il faut bien avouer que certains journalistes ne lui ont pas faciliter la tâche. Morceaux choisis :

– « Peux-tu définir ton style vestimentaire ? » « Je n’ai pas de style vestimentaire, je viens aux matchs comme je suis. »

– « Peux-tu décrire le shoot parfait ? » « Un qui rentre dans le panier. »

– « Sur qui aimerais-tu dunker avant la fin de carrière ? » « Je ne dunke plus aujourd’hui. »

Des questions aussi étranges qu’improbables au milieu du cirque que représente la journée des médias lors d’un All-Star Weekend, avec un Duncan souvent interloqué, cherchant désespérément du regard la personne qui viendra mettre fin à son calvaire face aux journalistes. La question la plus intéressante aura finalement été de savoir s’il aurait aimé évoluer à New York en observant tout le côté hors-basket d’une telle expérience. Sa réponse fut sans équivoque.

« J’imagine assez bien ce que ça doit être de jouer ici toute l’année. Je ne crois pas que j’aurais beaucoup apprécié. »

Tim Duncan, l’anti-superstar NBA par excellence est pourtant ironiquement lié à vie avec New York et plus précisément le Madison Square Garden. C’est dans cette salle qu’il remportera son premier titre NBA avec le trophée de MVP des Finales qui va avec en 1999. C’est également ici qu’il avait disputé son premier match des étoiles en février 1998. Kobe Bryant blessé et Kevin Garnett plus assez performant pour être encore sélectionné, il était hier le seul rescapé de ce match où Michael Jordan avait été élu MVP. A 38 ans, il était évidemment le plus âgé de tous les All-Stars présents sur le parquet, même si la nomination en catastrophe de Dirk Nowitzki à la place d’Anthony Davis lui offrait un camarade de jeu de sa génération.

Steve Kerr, coach de la sélection Ouest, avait promis à son ancien coéquipier entre 40 et 45 minutes de jeu sur le ton de l’humour, il n’a pas tenu sa promesse. Surtout par crainte de représailles de la part de Gregg Popovich probablement. Mais Timmy a eu droit à plus qu’un simple caméo pour faire plaisir à tout le monde. 15 minutes de jeu (8 à cheval sur le premier et le deuxième quart-temps, 7 en début de 4ème) d’après la feuille de statistiques, soit plus que lors de ses trois dernières apparitions au match des étoiles (13min en 2010, 11 en 2011 et 8 en 2013). On se permettra toutefois d’émettre quelques doutes sur la véracité de ses chiffres, n’ayant pas vu Timmy sur le parquet au début du 2nd quart-temps, mais peu importe.

Son impact aura été très relatif, n’ayant souvent pas le temps d’arriver à la ligne médiane qu’il fallait déjà revenir en défense, il s’est quand même distingué en prenant 9 rebonds (8 défensifs, 1 offensif), distribuant 2 passes décisives (dont une somptueuse qui a traversé tout le terrain pour finir sur un dunk de DeMarcus Cousins) et marquant 2pts sur un dunk en transition, après un joli service de son grand ami Chris Paul. Une participation active à la victoire de la conférence Ouest 163-158 donc.

Mais plus que son rendement sur le terrain, on l’a vu discuter longuement avec Paul, Kyle Lowry ou LaMarcus Aldridge, passer beaucoup de temps à plaisanter avec Steve Kerr lors des temps-morts, afficher un large sourire lorsque Dirk Nowitzki termina une contre-attaque d’un alley-oop très « terrien » ou encore gagner un pari avec DeMarcus Cousins en prenant plus de rebonds que lui (via Jason Jones). Si par le passé, on a pu voir quelques glorieux vétérans s’ennuyer fermement sur le banc pendant que jeunes faisaient le spectacle sur le parquet, Tim Duncan n’entre pas dans cette catégorie. Il a pris du plaisir pour ce qui était peut-être sa dernière participation tout en se reposant suffisamment pour attaquer la dernière partie de la saison en pleine forme.

« C’était vraiment une très belle expérience, tout le monde s’est beaucoup amusé et c’est le plus important. »