David Robinson a 50 ans : Remember The Admiral

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Il était une fois le gendre idéal de la NBA. Un garçon bien sous tous rapports, sans histoire, diplômé en mathématiques lors de son cursus à l’US Navy, musicien à ses heures perdues, père de trois enfants, philanthrope connu et reconnu pour son travail au sein de la communauté. Ce n’est pas un hasard si le NBA Community Assist Award porte son nom. Mais ce n’est pas ce qui saute aux yeux lorsque vous l’apercevez pour la première fois. David Robinson est un athlète hors du commun comme le basket américain n’en a produit qu’une poignée. Un cocktail taille/puissance/agilité/rapidité sans égal. Doublé d’un basketteur incroyablement doué. Mais l’homme a une faille. Le défaut de ses qualités humaines si l’on peut dire : il n’est pas un tueur au sang-froid. S’il l’était, il n’a en tout cas jamais su le prouver.

On ne compte plus ses exploits sur le parquet : un trophée de MVP, un titre de meilleur défenseur de l’année, un des deux seuls joueurs à avoir pu remporter le trophée de rookie de l’année, de MVP et de meilleur défenseur de la saison (avec Michael Jordan), un des deux seuls joueurs de l’histoire à avoir été meilleur marqueur, rebondeur et contreur de la ligue à un moment ou à un autre de sa carrière (avec Kareem Abdul-Jabbar), auteur d’un match à 71 points, d’un autre où il compila un quadruple-double… Mais des prouesses uniquement réalisées durant la saison régulière. Quand arrive le moment des playoffs, Robinson n’est pas décisif. Il ne parvient pas à emmener son équipe vers les sommets. Dans ses meilleures années, il n’atteindra qu’une seule fois le stade des Finales de Conférence, en 1995.

Grands favoris de la série, les Spurs sont battus par les Houston Rockets d’un Hakeem Olajuwon en lévitation et Robinson ne soutient pas la comparaison. Les saisons précédentes n’étaient guère plus glorieuses : éliminations au premier tour des playoffs en 1991, 1992 et 1994, au second en 1990, 1993 et 1996. A l’issue de cette saison 1995 qui se termina en queue de poisson, son lieutenant des raquettes Dennis Rodman est devenu l’ennemi public numéro 1 à San Antonio, entretenant des relations tendues avec son coach Bob Hill et le maître des lieux David Robinson. Ce qui poussera Gregg Popovich (alors GM de la franchise) à s’en séparer dans les plus brefs délais (échangé à Chicago contre… Will Perdue). Si le transfert était inévitable, il affaiblit considérablement une équipe manquant déjà de talent pur en-dehors de son formidable pivot.

Car l’Amiral est loin d’être le seul responsable de ces échecs répétés. Entre les changements incessants à la tête de l’équipe (il connaîtra la bagatelle de six coachs différents entre 1989 et 1997) et un supporting cast pas souvent à la hauteur de sa stature, les Spurs ne parviennent pas à assembler les bonnes pièces pour le soutenir dans sa quête du titre suprême. La fenêtre de tir semble se refermer année après année pour Robinson et les Spurs quand le destin va se mêler de changer le cours de l’histoire.

A l’automne 1996, une blessure au dos empêche l’Amiral de disputer les premiers matchs, avant qu’une fracture d’un pied ne le prive carrément du reste d’une saison où il n’aura participé qu’à six petites rencontres. Sans lui (et d’autres absents, dont Sean Elliott), les Spurs coulent à pic et les interrogations sont nombreuses sur la suite à donner aux événements. David Robinson a bientôt 32 ans et ne sera plus jamais le même joueur. Mais ce que le sort lui a retiré sur le plan individuel, il lui a rendu sur un plan collectif. Du marasme dans lequel sont plongés les Spurs jaillit un cadeau du ciel, nommé Tim Duncan, obtenu lors de la Draft dont les Texans ont gracieusement hérité du premier choix.

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Le jeune joueur de Wake Forest est un franchise-player en puissance. Resté quatre ans à l’université pour honorer la promesse faite à sa défunte mère d’obtenir un diplôme, il était attendu comme le premier choix des deux Drafts précédentes. Mais le destin l’a placé sur le chemin de David Robinson. Il apparaît rapidement à l’Amiral que le jeune surdoué représente bien plus qu’un simple coup de main dans la raquette. Sans broncher, Robinson s’efface peu à peu, accompagnant son jeune poulain vers les sommets individuels qui lui sont destinés. Pour certains, la preuve ultime du penchant trop altruiste qui empêcha Robinson de dominer la ligue comme il aurait du. Pour d’autres, un signe de sa grandeur sous-estimée, un cas unique dans le paysage des égocentriques superstars de la NBA. Robinson se moque pas mal de ce qu’on peut raconter sur lui et s’épanouit pleinement dans ce rôle de mentor de luxe. Il se concentre ainsi sur le rebond et la défense au fur et à mesure que ses capacités physiques déclinent tout en facilitant la progression de celui qui deviendra le Big Fundamental.

Le bonheur suprême ne tardera pas à arriver. A peine deux ans après la formation des Twin Towers, les Spurs sont sacrés champions NBA, au terme d’un parcours exceptionnel en playoffs (15 victoires et 2 défaites). Toutes les lumières sont braquées sur Tim Duncan, la nouvelle star d’une ligue en quête de renouveau après le départ de son étoile suprême Michael Jordan. Elles se braquent également sur Sean Elliott, auteur d’un des tirs les plus importants de l’histoire de la franchise lors du Game 2 des Finales de conférence Ouest face à Portland malgré d’importants problèmes de santé, sur Avery Johnson, auteur du tir décisif lors du Game 5 des Finales NBA au Madison Square Garden. Il reste finalement peu de place pour David Robinson qui touche enfin son rêve du doigt, mais peu lui importe.

Son rôle sur le terrain ne cesse de diminuer avec les années, avant qu’il n’annonce à l’automne 2002 qu’il s’apprête à disputer sa dernière saison. La ligue est alors dominée par les Lakers qui ont remporté les trois titres précédents, et les Spurs ont accueilli depuis deux ans un jeune meneur français du nom de Tony Parker, ou encore un arrière argentin rookie, Manu Ginobili. A la surprise générale, les Texans effectuent une saison de toute beauté. L’ensemble est porté, sublimé par un Tim Duncan au sommet de son art et vient mettre fin à l’hégémonie des Lakers, au Staples Center. David Robinson n’est plus que l’ombre de lui-même et livre des playoffs sans saveur, se retrouvant souvent sur le banc dans les moments-clefs des rencontres. Mais dans son dernier souffle, il livre un récital lors du dernier match de sa carrière, en Finale NBA face à New Jersey, comme pour mettre un point d’exclamation sur sa formidable carrière avec une seconde bague.

Personne n’a oublié David Robinson à San Antonio. Il est toujours un spectateur régulier des matchs à l’AT&T Center, figure toujours parmi les premiers à pénétrer sur le parquet pour féliciter Tim Duncan et ses partenaires, quand ceux-ci remportent un nouveau titre et a posé son empreinte dans l’histoire de cette franchise jusqu’à la fin des temps.

Aujourd’hui, David Robinson fête ses 50 ans. 50, comme le numéro du seul maillot qu’il a porté durant l’intégralité de sa carrière NBA. Celui qui symbolise à jamais les prémices de la dynastie aujourd’hui incarnée par Gregg Popovich et Tim Duncan. 50 comme le nombre de matchs que nous vous proposons de découvrir en chiffres ou en images, les meilleurs de sa carrière. Pour ne pas oublier que malgré ses quelques défauts, il était un phénomène comme on n’en verra très peu dans les années futures. Bon anniversaire Monsieur l’Amiral.

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