Showtime

Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

Nous y voilà. Chaque année, l’été est difficile à encaisser du point de vue des fans de la NBA. Les transferts, c’est bien. Très bien même, mais il n’y a rien de plus frustrant de se dire à chaque transaction qu’il va falloir attendre trois mois pour observer les joueurs sous leurs nouveaux maillots. Les compétitions internationales, c’est bien également. Un peu moins bien quand l’Espagne gagne à la fin, certes. Mais rien ne remplace l’excitation du début de la saison NBA.

Il faut attendre encore plus d’un mois pour le premier match de la saison régulière. Plus de deux semaines pour le premier match de présaison. Mais qu’importe. La saison 2015-2016 commence demain pour les Spurs. Et quelle saison. Chaque automne possède un parfum différent. Celui-ci est à la fois empreint de nostalgie mais aussi de confiance en l’avenir. La fin d’une ère est proche à San Antonio, tandis qu’une autre va commencer simultanément. C’est là la grande force de Gregg Popovich, R.C. Buford et tous ceux qui œuvrent pour que nos Texans restent compétitifs, année après année.

Cette saison, nous allons dire au revoir à (au moins) un géant de l’histoire de la franchise. S’il ne l’a pas encore fermement déclaré, Manu Ginobili va  disputer sa dernière saison en NBA, c’est une quasi-certitude. Tim Duncan ne sera peut-être pas très loin derrière lui. Qui sait, Matt Bonner pourrait également décider qu’il est grand temps de préparer sa reconversion qui, n’en doutons pas un seul instant, sera une réussite. LE moment tant redouté par les fans depuis des années va enfin arriver. Et malgré tout, l’excitation prédomine dans nos esprits.

Loin de l’incertitude générée par ce trou béant laissé par deux membres du Big Three, on retrouvera une nouvelle équipe, déjà bien en place. Incarnée par Kawhi Leonard, cadeau du ciel débarqué un soir de juin 2011 et qui s’affirme chaque jour un peu plus comme le phénomène que personne n’avait décelé mis à part R.C. Buford et son staff. LaMarcus Aldridge, All-Star reconnu, capitaine d’un navire probablement arrivé au bout de ses promesses à Portland et en quête de succès collectifs. Les Spurs se retrouvent rarement à jouer les premiers rôles lors de la free-agency, mais ils ont cette fois décroché la timbale. Un tel renfort ne peut que s’apprécier à sa juste valeur. Danny Green, l’attachant role-player de luxe dont les sacrifices n’ont d’égal que la qualité de son tir extérieur. Toute une bardée de soldats, emmenée par l’intrépide Patty Mills, Boris Diaw, Kyle Anderson, et bien sur les nouveaux venus comme David West, Boban Marjanovic, Jonathon Simmons, Ray McCallum et Jimmer Fredette.

Mills, le flingue de concours le plus rapide de l’Ouest. Diaw, le joueur créé dans l’instant par Dieu lorsque celui-ci inventa le basket-ball. Anderson, incapable de sauter par-dessus une feuille de papier ou de battre sa grand-mère sur un 100m, mais qui transpire le basket par tous les pores. West, gladiateur éternel des raquettes capable de laisser plus de 10 millions de dollars sur la table pour chasser une bague qui s’est toujours refusée à lui. Marjanovic, la curiosité serbe, un des secrets les mieux gardés de toute l’Europe. Simmons la sensation estivale aux capacités athlétiques surnaturelles. McCallum l’homme qui ne sera pas invisible. Et enfin Fredette, la légende universitaire en quête de rédemption.

Et pour assurer la transition entre les deux ères, Tony Parker. L’enfant chéri du basket français, le surdoué qui a franchi une à une des marches qu’on pensait bien trop hautes pour lui. Le moteur du « Beautiful Game » déployé par les Spurs depuis quelques années, celui sans qui la machine cesse de fonctionner. Et à l’heure de commencer ce nouveau chapitre de l’histoire de la franchise, ce maillon, peut-être le plus important, est en péril. Après une saison dernière gâchée par de nombreux pépins physiques, TP a échoué dans quête dorée à l’Eurobasket. Un été de frustrations, mais aussi de questions qu’il aura à cœur d’effacer comme si elles n’avaient jamais existé.

Demain, lorsque le media day des Spurs ouvrira ses portes, ce sera le départ d’une nouvelle aventure. Une grande aventure qui met un terme à celle entamée il y a maintenant 18 ans, lorsque Tim Duncan posa ses valises dans le Sud du Texas. Bien sur, il reste le point de départ de cette aventure, le guide spirituel d’une troupe qui doit encore se construire. Mais il n’en plus le centre névralgique.

Cette grande aventure qui doit permettre aux Spurs de reprendre leur bien, abandonné la saison dernière dans la Baie de San Francisco. Celle que je tâcherai une nouvelle fois de vous retranscrire du mieux possible à travers ma vision sur ce blog ou sur le compte Twitter dédié. Car ce ne sont pas quinze joueurs et un staff qui effectuent leur rentrée officielle demain. Il y a pour les accompagner des millions de fans qui n’attendent que de voir à l’oeuvre le nouvel équipage. Pour offrir peut-être une sortie royale à certains de ses membres les plus illustres, mais aussi une entrée en grandes pompes à d’autres. Vous êtes prêts ? Moi oui. Bienvenue, vous êtes ici chez vous.

Photo : Andrew D. BernsteinNBAE via Getty Images

  • Clément Jospin

    Hâte de découvrir cette « nouvelle » équipe en action. Je suivrai avec attention chacun de tes excellents résumés. Merci encore pour ton travail et ta passion.

    • Vincent Thiollière

      Hâte également, merci à toi pour les compliments et la fidélité 😉