Le bilan de la présaison

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Nous y sommes. Après un long mois de training camp et six matchs de préparation, les Spurs ont mis un terme à leur phase préparatoire vendredi dernier. Si elle revêtait une importance toute particulière cette saison au vu des nombreux changements opérés dans l’effectif, il est toujours très difficile d’en tirer de quelconques enseignements tant la vraie compétition est un tout autre animal. Nous allons tout de même tenter de vous résumer ce qu’il faut retenir de ces rencontres, si vous n’avez pas eu le courage de gâcher certaines de vos nuits avant même le début des choses sérieuses.

 

Bilan collectif

Sur un strict plan comptable, le bilan collectif est évidemment faiblard (2 victoires pour 4 défaites). Est-ce que cela intéresse quelqu’un ? Pas vraiment. Coachés normalement, certaines défaites se seraient transformées en victoires sans le moindre problème et il est impossible de donner la moindre importance à un résultat collectif sans connaître les conditions dans lesquelles ce match a été disputé (victoire comme défaite) : Après un peu de repos, après plusieurs jours d’entraînements très intensifs, avec une rotation normale, avec beaucoup de temps de jeu offert à des joueurs qui ne mettront jamais les pieds sur le parquet lors d’un match officiel ? Le résultat final n’intéresse personne lors de la présaison. Le comportement de l’équipe sur quelques séquences, ainsi que celui des joueurs en revanche, est beaucoup plus important.

 

Les évaluations

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– Kawhi Leonard (15.3pts à 42% dont 40% à 3pts, 4.7rbds, 2.0pds et 1.0int en 23.4min)

Pas toujours spécialement à bloc (qui l’est vraiment en présaison ?), il a accepté ses nouvelles responsabilités en se montrant parfois gourmand aux tirs, notamment à 3pts. Mais il semble en grande forme et l’a démontré sur quelques séquences. Contrairement à l’an dernier, il est prêt pour franchir un cap sur la longueur d’une saison.

– Manu Ginobili (8.8pts à 78% aux tirs dont 71% à 3pts, 1.8rbd, 3.2pds et 1.6int en 15.6min)

Tout simplement bluffant. Oublié le Manu Ginobili emprunté de la saison dernière, il a retrouvé toutes ses jambes cet été, jusqu’à surprendre ses coéquipiers. On peut y voir les bienfaits d’une préparation physique estivale adéquate lui permettant d’afficher des pourcentages hallucinants à mettre en parallèle à ceux de l’an dernier à la même époque (20% aux tirs avec un 2/23 à 3pts !). Le jour et la nuit. Bien sur, sa saison ne sera réussie que s’il parvient à rester en forme jusqu’aux playoffs. Mais il méritait une dernière chance d’évoluer en pleine santé et il semble bien que ce sera le cas.

– Tim Duncan (7.6pts à 64%, 5.6rbds et 1.0pd en 17.9min)

Comme souvent avec lui, une phase préparatoire en roue libre, où il n’a jamais cherché à forcer. Particulièrement en réussite près du cercle, il a montré un embryon d’entente très intéressant avec LaMarcus Aldridge, discutant souvent avec lui ou Boban Marjanovic dès qu’il en avait l’occasion. Ce n’est une surprise pour personne, mais il semble très au point physiquement. Du moins autant qu’on peut l’être à 39 ans.

– Patty Mills (8.2pts à 46% dont 27% à 3pts et 2.4pds en 17.6min)

En pleine forme, il s’est beaucoup dépensé même s’il n’a pas fait preuve d’une adresse extraordinaire malgré de très bonnes positions. Passé ce petit détail, on a retrouvé le Patty Mills fougueux que l’on connait bien, plus à l’aise avec la 2nd unit qu’en titulaire et meilleur défenseur que ne l’indique sa réputation.

– David West (5.5pts à 47%, 4.0rbds et 1.0ctre en 17.3min)

Le plus discrètement du monde, il a été très solide durant la majorité des matchs. Efficace en défense, parfois même impressionnant face à des joueurs plus grands et costauds que lui, il a déjà montré un esprit de combattant qui a manqué ces dernières années à San Antonio. Offensivement, son intégration a paru très naturelle, profitant des nombreux caviars de ses partenaires pour utiliser son arme favorite, le tir à mi-distance. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, les Spurs ont bien obtenu le joueur qu’ils pensaient recruter.

 

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– LaMarcus Aldridge (12.4pts à 45% et 5.4rbds en 25.3min)

Comme attendu, une adaptation pas forcément évidente au niveau des systèmes offensifs. On l’a vu souvent hésiter à prendre des tirs ouverts, manquer de détermination dans ses actions, comme s’il regrettait finalement d’avoir pris cette initiative. Il a toutefois signé quelques séquences de grande classe, notamment lors du match contre Houston et affiché de réels progrès au fur et à mesure des rencontres. Au niveau de l’état d’esprit, il a été remarquable, cherchant l’extra-pass plus qu’il ne l’a probablement jamais fait à Portland (où ce n’était pas ce qui lui était demandé), et s’est donné à fond en défense, même s’il fut parfois en difficulté sur les intérieurs évoluant très au large. Son succès individuel à San Antonio ne fait aucun doute, il ne reste plus maintenant qu’à poursuivre ce travail de longue haleine qu’est la recherche d’automatismes.

– Tony Parker (8.5pts à 37%, 2.8rbds et 4.8pds en 23.1min)

Sur la lancée de son championnat d’Europe, il apparaît en forme mais souffre toujours d’un cruel manque de réussite, notamment sur son tir fétiche (le floater) qu’il manque quasi-systématiquement.  Son dernier match face à Houston rassure puisqu’il a réussi à filer au cercle à plusieurs reprises et sa cohabitation avec deux spécialistes du pick-and-pop que Aldridge et West a déjà porté ses fruits, mais on ne peut s’empêcher de se demander s’il tiendra le rythme toute la saison à un poste hyper-concurrentiel dans une conférence de poids lourds.

– Danny Green (7.2pts à 47% dont 40% à 3pts, 3.0rbds et 1.0int)

Sans doute celui qui a le plus souffert de la redistribution des cartes offensivement. Il a souvent cherché ses tirs sans vraiment les trouver, s’est parfois perdu dans de la création qu’il ne maîtrise toujours pas (et qu’il ne maîtrisera sans doute jamais) avant de se retrouver sur le dernier match. Physiquement au point, il a affiché par moment son excellence défensive, mais va devoir encore cravacher pour s’adapter à la situation nouvelle de l’équipe.

– Boris Diaw (3.3pts à 43%, 2.3rbds et 1.0pd en 11.4min)

Trop peu utilisé pour émettre un jugement quelconque sur ses performances. Avait-on vraiment besoin de le voir cela dit ? Boris connaît son rôle par cœur et n’a pas forcé outre-mesure lorsqu’il fut convié sur le parquet.

– Kyle Anderson (6.2pts à 44%, 3.2rbds et 2.7pds en 21min)

Plutôt bon dans ses apparitions désormais régulières au relais de Kawhi Leonard et pas forcément là où on l’attendait. On l’a vu plus entreprenant sur du un-contre-un au poste bas notamment, et très actif en défense. On ne va pas se mentir, on a fonde beaucoup d’espoirs sur lui dès cette saison et il a répond aux attentes jusqu’à présent.

– Boban Marjanovic (4.0pts à 47%, 3.6rbds et 1.0ctre en 11.6min)

Surprenant par sa mobilité, ses quelques séquences de domination pure (face à des opposants directs indignes de sa personne, il est vrai), il semble capable de tenir un vrai rôle assez rapidement. Son potentiel physique au niveau des courses et des déplacements latéraux est sous-estimé compte tenu de ce qui était attendu. Il a encore besoin de temps pour être totalement à l’aise avec ses coéquipiers.

– Ray McCallum (5.0pts à 41% aux tirs dont 40% à 3pts et 1.2rbd en 13.4min)

Débordant d’enthousiasme parfois jusqu’à l’excès, il a montré de belles dispositions dans le registre qu’on lui connaissait, même s’il a connu des difficultés à mettre en place le jeu de l’équipe. Plus ou moins dans le rôle où on l’attendait, il n’a pas déçu.

– Rasual Butler (3.4pts à 35% dont 22% à 3pts et 2.8rbds en 11.3min)

Ses seules prestations n’ont pas suffi à lui offrir ce fameux 15e spot au sein de l’effectif, mais il a paru souvent dans le bon mouvement, que ce soit au poste 3 ou 4. En manque global de réussite, il n’a jamais hésité à prendre sa chance et devrait se fondre aisément dans le collectif. Ce fut le cas à chacune de ses entrées et c’est la première chose qu’on demande à un joueur de bout de banc.

 

Spur

– Jonathon Simmons (2.7pts à 20% aux tirs, 1.5rbd et 1.2pd en 14.2min)

A des années-lumière du joueur entreprenant et enjoué aperçu en summer league il y a quelques mois. Ce n’est évidemment pas une surprise de l’avoir vu parfois en difficulté, mais on s’attendait à plus de promesses de sa part. Mis à part un dribble très perfectible et une certaine timidité qu’on n’imaginait pas, on n’a pas vu beaucoup de choses qu’il pourrait apporter dans l’immédiat.

– Matt Bonner (0pt en 6.1min)

Il a traversé cette présaison tel un fantôme en étant très rarement utilisé, et toujours en échec quand ce fut le cas. Difficile de ne pas l’envisager autrement qu’en pré-retraite cette saison.