2015 dans le rétro

AP Photo/Darren Abate
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Dans quelques heures, l’année 2015 se terminera et si elle ne restera pas comme l’année la plus aboutie des Spurs dans le contenu comme dans les résultats bruts, elle nous laissera tout de même quelques souvenirs mémorables. Nous vous proposons donc de replonger une dernière fois dans cette année riche en événements avant de clore définitivement ce chapitre de l’histoire de la franchise.

 

Saison régulière 2014-2015

14 janvier : Vintage Manu Ginobili

La saison 2014-2015 fut une plaie pour Manu Ginobili, la pire de sa carrière en termes d’efficacité offensive. Pourtant, il y eut quelques éclairs, même si ceux-ci se sont révélés bien trop rares. Comme ce soir de janvier à Charlotte. Toujours privés de Kawhi Leonard, nos Texans ont cédé à Washington la veille, rendant une copie d’une grande faiblesse. Symbole de cette faillite, l’Argentin avait à cœur d’aider son équipe à repartir de l’avant de rentrer à la maison. Tel un artiste livrant son dernier spectacle, il ira puiser très loin des ressources insoupçonnées pour nous sortir son plus beau match de l’année 2015 (27pts à 10/14 aux tirs, 3rbds, 2pds et 3ints en 24min). Chapeau l’artiste.

 

16 janvier : Kawhi returns

Il était attendu comme le messie. La Finale NBA 2014 n’avait pas suffi, mais cette fois, les gens ont compris. Cette équipe des Spurs n’est que l’ombre d’elle-même lorsque Kawhi Leonard est absent. Ce qu’il fut durant 17 matchs au cœur des mois de décembre/janvier, entraînant la chute de son équipe au classement de la conférence Ouest. Pour son retour, les Spurs retrouvent Portland, une équipe dont ils ont souvent beaucoup de peine à se défaire. Mais quand Batman retrouve sa place, tout va pour le mieux du côté de Gotham City. Dès les premiers dribbles, on devine toute l’impatience du garçon qui livre une prestation complète et déterminante (20pts, 4rbds, 5pds et 3ints) pour assurer à son équipe une belle victoire (110-96). On pense alors la saison des Spurs définitivement lancée.

 

9 février : La 1 000e de Pop offerte par Marco Belinelli

Les Spurs ont débuté leur rodeo trip de la pire des manières à Toronto et un drôle de challenge à accomplir. La prochaine victoire sera la 1 000e de Gregg Popovich et c’est forcément un événement majeur dans le paysage NBA. Clin d’œil de l’histoire, la prochaine destination pour nos Texans se trouve être l’Indiana, état natal du grand patron. Mais encore une fois, les Spurs affichent de cruelles insuffisances et n’arrivent décidément pas à installer leur jeu. Sur un dernier tir à 3pts de C.J. Watson, les Pacers mènent de 14 points avant le dernier quart-temps. Pas loin de jeter l’éponge, Pop envoie ses soldats sur le parquet : Patty Mills, Cory Joseph, Aron Baynes, entourés par Boris Diaw et Marco Belinelli. Ils se chargent de ramener le score dans des proportions acceptables avant que les titulaires ne reviennent en jeu. C’est finalement Aron Baynes qui égalise à l’entrée de la dernière minute, David West laissant passer l’occasion de faire gagner le match à son équipe quelques instants plus tard. En l’absence de Manu Ginobili, Gregg Popovich confie alors la balle de match entre les mains de sa future star : Kawhi Leonard.

Celui-ci force la défense des Pacers à converger sur lui avant de ressortir pour Marco Belinelli. L’Italien au sang glacé effectue une feinte pour effacer Rodney Stuckey et se lève pour inscrire le tir de la victoire. Comme un symbole, c’est George Hill qui aura dans les mains la dernière tentative des locaux, mais l’ancien chouchou de Gregg Popovich, sacrifié il y a quelques années de cela afin de s’attacher les services de Kawhi Leonard, manquera sa cible.

 

15 février : All-Star Game, la (probable) der’ de Tim Duncan

Pendant plusieurs semaines, on s’est demandé si les Spurs auraient droit à la présence d’un de leurs joueurs au All-Star Game. Kawhi Leonard et Tony Parker constamment gênés par des pépins physiques, il ne restait guère que Tim Duncan pour représenter le champion en titre au sein de la conférence Ouest. Les coachs l’ont ainsi sélectionné pour la troisième fois de sa carrière seulement (après 1998 et 2013) portant son total de participations au match des étoiles à 15 (comme Shaquille O’Neal et Kevin Garnett, seuls Kobe Bryant avec 17 et Kareem Abdul-Jabbar avec 19 font mieux).

Dirigé par son ancien coéquipier et ami Steve Kerr, le Big Fundamental aura pris beaucoup de plaisir dans ce qui était vraisemblablement son dernier All-Star Game (disputé à New York, comme le premier 17 ans plus tôt), participant activement à la victoire de la conférence Ouest (163-158) en compilant 2pts, 9rbds et 2pds en seulement 15 minutes de jeu. Mieux, il a profité de l’événement pour devenir le meilleur rebondeur défensif de l’histoire des All-Star Games (98). La boucle semble définitivement bouclée.

Un autre Spur participait à ce week-end en la personne de Marco Belinelli, qui défendait son titre de vainqueur du concours de tirs à 3pts. Malheureusement, le sniper italien n’a pas connu la même réussite que l’année précédente, en étant éliminé dès le premier tour de la compétition avec un score de 18. Sans surprise, c’est Stephen Curry qui lui succède au palmarès.

 

8 mars : TP Time

Dimanche après-midi aux Etats-Unis, et donc en début de soirée en France. L’horaire parfait pour se mettre en valeur lorsqu’on s’appelle Tony Parker et que notre saison ressemble fort à un chemin de croix. Dans un match très enlevé, le meneur français signe la meilleure performance offensive de sa saison (32pts à 13/19 aux tirs, 4rbds, 2pds et 2ints), rappelant au passage qu’il n’a rien perdu de sa vista, lorsque les pépins physiques le laissent tranquille. Un rayon de soleil dans la saison tourmentée de notre TP national.

 

12 mars : Kyrie Irving m’a tuer

Si vous suivez les Spurs avec passion depuis plusieurs années, vous connaissez leur propension à prendre part à des matchs mythiques, tout en se retrouvant la plupart du temps du mauvais côté de la barrière (Game 5 des demi-finales de conférence 2004, Game 7 des demi-finales de conférence 2006, Game 6 des Finales NBA 2013, etc… Vous avez sans doute compris). Loin de nous l’idée de comparer un vulgaire match de saison régulière à la dramaturgie d’un match de playoffs. Il flottait pourtant bien un parfum de postseason du côté de l’AT&T Center ce soir-là. Une ambiance électrique dans la salle, une montée en puissance significative de chaque côté à l’approche du grand rendez-vous de fin de saison et un duel Kawhi Leonard (24pts, 9rbds et 7pds)/LeBron James (31pts, 5rbds et 7pds) dont on ne lassera décidément jamais. Ce sont d’ailleurs bien les deux joueurs qui lancent la rencontre en se rendant coup pour coup des deux côtés du terrain.

Mais les autres ne sont pas en reste : Tim Duncan est incroyable dans la raquette (18pts à 7/11, 11rbds, 8pds et 4ctres), Tony Parker évolue de nouveau à son réel niveau (31pts à 15/23, 5rbds et 6pds) et Danny Green fait feu de toutes parts (24pts à 5/10 à 3pts, 4rbds et 4ctres). Mais le héros de la soirée porte le maillot des Cavaliers et ne s’appelle pas LeBron James. Kyrie Irving entre en transe en seconde mi-temps, exploitant la moindre faille dans la défense texane pour scorer à l’envi. Alors que les Spurs ont mis la main sur le match (110-104 à 33 secondes du terme), il réussit un premier tir à 3pts laissant une dernière chance à son équipe. Il profite ensuite de deux lancers-francs ratés de Leonard à 4 secondes de la fin, pour égaliser sur le buzzer, toujours à longue distance. Il règne ensuite sur la période supplémentaire en enfilant 11 points en cinq minutes. La note finale est très salée, la plus importante pour un adversaire des Spurs depuis le début de l’ère Popvich/Duncan : 57 points (20/32 aux tirs, 7/7 à 3pts et 10/10 aux lfs), 3rbds, 5pds et 4ints. Les Spurs ont participé sans doute à ce qui était le plus beau match de la saison régulière. Ils auraient préféré l’éviter dans de telles conditions.

 

17 mars : Regrets éternels au Madison

On ne le sait pas encore (même si on le pressentait fortement…), mais cette défaite qui aurait pu relever de l’anecdote sera LE tournant dramatique de la saison des Spurs. Avec 14 victoires, 53 défaites et un Carmelo Anthony blessé jusqu’au terme de la saison, c’est un euphémisme de dire que les Knicks n’inspirent guère la crainte, même dans l’enceinte mythique du Madison Square Garden. Les Spurs le savaient, sans doute un peu trop. Le match débute sur un faux-rythme qui ne le quittera jamais. Pourtant, les hommes de Gregg Popovich vont compter jusqu’à 11 points d’avance au cœur du deuxième quart-temps. Ils en auront toujours 7 sous la manche avant la dernière période de jeu.

Mais un passage catastrophique des joueurs de banc relancent totalement des Knicks drivés de main de maître par Langston Galloway ou encore Alexey Shved, ce dernier se jouant avec une facilité déconcertante de la défense de Kawhi Leonard. Cole Aldrich finit par donner un premier avantage aux siens, réveillant d’un seul coup une salle jusqu’alors endormie. Les Spurs tentent de se secouer pour éviter le ridicule et mènent encore dans la dernière minute avant que Lou Amundson n’égalise au terme d’une séquence défensive pathétique de nos Texans. Kawhi Leonard manque alors le tir de la victoire, laissant le match trouver sa conclusion en prolongation.

Les Spurs finiront de s’enfoncer dans la médiocrité, n’inscrivant que quatre petits points, Tim Duncan manquant un lancer-franc pour égaliser, puis une passe qui aurait pu donner une dernière chance à son équipe. Le cauchemar est désormais bien réel, les Knicks s’imposent 104-100, causant sans doute la pire défaite de l’histoire des Spurs depuis l’arrivée de Duncan pour la saison 1997-1998. « Nous n’avons pas respecté le jeu, nous n’avons pas respecté notre adversaire. Nous avons livré un match pathétique et j’espère que chaque joueur a honte de sa prestation » lance un Gregg Popovich en colère devant les médias après le match. Le mal est fait, il ne pourra être réparé.

 

5 avril : Kawhi Leonard domine Golden State et Stephen Curry

Golden State marche sur la ligue depuis le début de la saison, mais n’a pu battre les Spurs qu’une fois sur deux dans son antre de l’Oracle Arena. Ils comptent bien ainsi mettre au pas le champion en titre dans sa salle, même après avoir joué la veille à Dallas. Mais les hommes de Steve Kerr vont tombés sur un mur appelé Kawhi Leonard. Dès le premier quart-temps, Gregg Popovich et ses hommes inscrivent 31 points à la meilleure défense du pays. Le début d’un long calvaire pour des Warriors dominés comme rarement (jamais ?) depuis le début de la saison. Klay Thompson est neutralisé (6pts à 3/11) tout comme Draymond Green (6pts à 2/11) et Stephen Curry relativement bien contenu (24pts à 9/17 et 4bps mais -16 au plus/minus). Tout cela par la grâce d’un joueur qui aura marqué les esprits encore un peu plus ce soir-là.

Leonard se paie le luxe de voler deux ballons dans le dribble de Curry, ce que personne ou presque, n’est capable de faire. Il signe son record en carrière avec 7 interceptions sur le match, en ajoutant 26pts, 5rbds et 3pds. Avec son compère Danny Green (18pts à 7/10, 6rbds, 3pds et 3ctres), il confirme son statut de kryptonite contre les Splash Brothers. Un statut qu’ils ne pourront malheureusement démontrer pendant les playoffs. « Je crois que c’est la première fois depuis Noël qu’on n’a jamais vraiment été dans un match » indiquera laconique Steph Curry après le match. Une chose est sûre, Golden State n’oubliera pas son voyage à San Antonio de sitôt.

 

10 avril : Tim Duncan est éternel

Suite à la débâcle du Madison Square Garden, les Spurs ont relevé la tête, remportant douze de leurs treize matchs suivants. Suffisant pour arracher une miraculeuse deuxième place de la conférence Ouest. Cela pourrait bien être le cas, à condition de poursuivre sur cette lancée et donc de s’imposer au Toyota Center de Houston, terre hostile à nos Texans depuis quelque temps. Une mission difficile qui semble quasiment hors de portée quand les Rockets mènent déjà 13-2 au bout de cinq minutes de jeu !

Mais les Spurs vont revenir patiemment, usant de stratégies toujours aussi controversées (oui, on parle du hack, qu’il concerne Josh Smith ou Dwight Howard), parvenant finalement à leurs fins en prenant les commandes du match en fin de troisième quart-temps sur deux tirs à 3pts consécutifs signés Patty Mills. Mais l’homme de ce retour s’appelle Tim Duncan. Le Big Fundamental domine ses adversaires des deux côtés du parquet et termine son match avec 29 points au compteur (à 12/15 aux tirs plus 10rbds, 2pds et 3ctres). Cela n’empêche pas les Rockets de revenir au score, forçant la légende texane à un dernier coup de génie.

Alors que James Harden tente de donner la victoire à son équipe sur un drive dans les dernières secondes, il est contré par Duncan sur le buzzer. Houston crie au scandale envers les arbitres, mais la NBA confirme le lendemain ce que les images tardaient à montrer avec certitude : le contre était bien valable. L’espoir est toujours permis grâce à un effort dantesque, hors du temps d’une personne de bientôt 39 ans.

 

15 avril : Mourir à New Orleans

Les Spurs connaissent leur sort avant ce dernier match de saison régulière : gagner et empoche une inespérée deuxième place de la conférence Ouest, ou perdre et plonger dans l’enfer d’une sixième place, synonyme d’un adversaire coriace dès le premier tour et surtout de ne jamais posséder l’avantage du terrain tout au long des playoffs. Dans le même temps, les Pelicans jouent eux aussi leur tête. En cas de victoire, ils terminent à la 8e place et remplissent leur objectif principal de la saison. Dans le cas contraire, ils laissent Oklahoma City sauver sa peau in extremis et peuvent préparer leurs vacances. Une équipe jouera avec le sens de l’urgence nécessaire à sa survie. L’autre affichera trop d’insuffisances pour obtenir mieux.

La défaite est inévitable et fait plonger les Spurs à leur pire classement depuis 2010 (7e), soit la deuxième plus mauvaise position de l’équipe depuis l’arrivée de Tim Duncan dans la raquette. C’est aussi la première fois qu’un champion en titre termine si bas au classement depuis les Houston Rockets en 1995. 20 ans plus tard, le parallèle est saisissant entre les deux équipes. Les Rockets avaient fini par remporter le titre au terme d’un parcours entré dans la légende de la NBA et immortalisé par la fameuse réplique du coach Rudy Tomjanovich : « Don’t ever underestimate the heart of a champion » (ne sous-estimez jamais le cœur d’un champion). Avant les playoffs, les Spurs n’ont guère que cet exemple en tête pour se consoler avant de croiser le fer avec les Los Angeles Clippers.

 

23 avril : Kawhi Leonard est élu Defensive Player of the Year

On n’osait l’espérer compte tenu du nombre de matchs qu’il a manqué à cause des blessures et tant la saison magnifique de Golden State semblait destiner Draymond Green à recevoir le trophée. Mais le côté spectaculaire de certaines performances de Kawhi Leonard (notamment celle très médiatisée sur… les Warriors et Stephen Curry) lui ont permis d’apparaître sur un plus grand nombre de bulletins et donc d’engranger plus de points (333 contre 317 au Warrior) malgré un nombre de premières places inférieur.

Kawhi Leonard est devenu le premier Spur distingué par ce trophée de meilleur défenseur de l’année depuis David Robinson en 1992. Il réussit en quelques saisons là où son coéquipier Tim Duncan, qui lui remettra de ses propres mains le trophée quelques heures plus tard, a échoué pendant tant d’années malgré son statut d’icône défensive de l’histoire de la grande ligue. Meilleur intercepteur de la ligue cette saison (2.31 en moyenne par match), il est devenu le premier joueur extérieur à remporter la distinction depuis Ron Artest en 2004 et seulement le troisième depuis 1988 (Gary Payton en 1996) !! Un authentique exploit  qui semble n’être que le début pour un joueur arrivé aux Spurs avec cette étiquette de défenseur féroce mais dont le jeu toujours plus complet lui permet de l’exercer pendant de longues minutes sur le parquet, à la différence d’un Tony Allen par exemple.

Figurant désormais dans le gotha des meilleurs joueurs de la NBA et présentant un profil rare pouvant couvrir avec la plus grande efficacité tous les postes excepté celui de pivot, il se présente comme un des favoris au trophée pour les dix ans à venir. Le règne de Kawhi sur le secteur défensif en NBA ne fait que débuter.

Il profitera également de l’occasion pour glaner une première sélection dans la All-Defensive 1st Team, Tim Duncan se contentant d’une apparition dans le 2nd Team. Le Big Fundamental continue de creuser l’écart au classement du plus grand nombre d’apparition dans une des deux Defensive Teams avec 15 sur l’ensemble de sa carrière. Kevin Garnett et Kobe Bryant qui le suivent au classement n’en comptabilisent que 12.

En ce qui concerne les All-NBA Teams, Tim Duncan remporte la 15e distinction du genre de sa carrière avec une nomination au sein de la 3rd Team. Kawhi Leonard échoue lui aux portes de cet honneur, comptabilisant plus de points que certains arrières y figurant, mais se trouvant barré par la forte concurrence chez les ailiers. Ce n’est évidemment que partie remise.

 

Photo : AP Photo/Darren Abate

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