Le bilan à mi-parcours version 2015-2016

Ronald Cortes/Getty Images
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Le match face à Cleveland la semaine dernière était (déjà) le 41e de la saison pour les Spurs. Vous l’aurez compris, la moitié de la phase régulière est déjà écoulée, et l’heure d’effectuer un premier bilan est arrivée. Cette saison si excitante qui s’annonçait a-t-elle répondu à nos attentes jusque-là ? Découvrez-le sans plus tarder. ALERTE SPOILER // la réponse est oui // FIN ALERTE SPOILER.

 

Saison 2014-2015

Bilan (après 41 matchs) : 25 victoires et 16 défaites (14/6 à domicile ; 11/10 à l’extérieur ; 15/13 face à la conférence Ouest ; 10/3 face à la conférence Est)

Stats (après 82 matchs) : 103.2 points (47% aux tirs, 37% à 3pts et 78% aux lfs), 43.6 rebonds, 24.4 passes décisives, 8.0 interceptions, 5.4 contres et 13.5 balles perdues

 

Saison 2015-2016

Bilan (après 41 matchs) : 35 victoires et 6 défaites (23/0 à domicile ; 12/6 à l’extérieur ; 18/3 face à la conférence Ouest ; 17/3 face à la conférence Est)

Stats (après 41 matchs) : 103.7 points (49% aux tirs, 38% à 3pts et 79% aux lfs), 45.3 rebonds, 25.3 passes décisives, 8.4 interceptions, 5.8 contres et 13.3 balles perdues

Inutile de tergiverser, le bilan est sans équivoque. Les Spurs ont réussi leur (semi-)métamorphose en une période de temps plus que raisonnable et sont surtout parvenus à gagner un bon paquet de matchs malgré la transition qui s’effectuait simultanément. Là était bien l’essentiel. Gregg Popovich pourra dire ce qu’il veut ce qu’il veut, l’expérience de la saison dernière avec une multitude de matchs « faciles » laissés en route coûtant aux Spurs la 2e place de la conférence Ouest, un adversaire moins outillé que les Clippers au premier tour et un parcours en playoffs qui aurait pu être différent, aura servi de leçon à tout le monde. Pas question de renouveler les mêmes erreurs cette saison, même si quelques défaites peuvent rester en travers de la gorge des plus exigeants (Oklahoma City en ouverture, Washington et Toronto par exemple).

Cette première moitié de saison est donc évidemment plus réussie que celle de la saison dernière, mais surtout se classe aisément parmi les tous meilleurs démarrages de l’histoire de la franchise. Les Spurs n’ont jamais fait mieux que 35 victoires après 41 matchs et n’avaient réussi une telle performance qu’une seule fois dans leur riche histoire : en 2010-2011, une saison de triste mémoire pour sa conclusion dramatique à Memphis, entraînant une profonde réflexion sur le devenir de l’équipe et la nécessité d’apporter du sang-neuf qui prendra la forme de l’arrivée de Kawhi Leonard le soir de la Draft 2011.

Celle de LaMarcus Aldridge promettait un chantier d’importance sur le plan offensif, alors les hommes de Gregg Popovich ont eu recours aux bonnes vieilles méthodes traditionnelles pour lancer leur saison sur de bonnes bases : la défense. Avec 93.3 points encaissés sur 100 possessions, les Spurs présentent la meilleure défense de toute la ligue avec près de cinq points d’avance (sur 100 possessions toujours) sur le 2e Boston !! Dans l’ère moderne de la NBA (depuis l’introduction de la ligne à 3pts pour la saison 1979-1980), seules trois équipes ont fait mieux : Les Spurs en 1999 (92.1pts/100 poss.) et 2004 (91.6pts/100 poss.) et les Pistons de Detroit en 2004 (92.5pts/100 poss.). Deux de ces trois équipes ont fini par remporter le titre. Les Spurs sont également numéro 1 au pourcentage accordé à l’adversaire à 3pts (31.5%), ou encore au nombre de rebonds offensifs laissés à l’adversaire (8.6 en moyenne par match). Tout cela en commettant très peu de fautes (17.4 en moyenne par match, seul Miami fait mieux avec 17.3), n’autorisant donc que 19.2 lancers-francs tentés à l’adversaire en moyenne par match (personne ne fait mieux en NBA). Des chiffres rendus possibles par la structure collective de Gregg Popovich, la même depuis tant d’années, mais également une discipline rare, des joueurs de grande qualité (Tim Duncan, Kawhi Leonard et Danny Green pour ne citer qu’eux) ou dont l’investissement est plus impressionnant qu’anticipé (LaMarcus Aldridge et Tony Parker principalement).

Mais les grandes équipes brillent des deux côtés du terrain. L’excellence défensive n’a pas tardé à être rejointe par une maîtrise offensive encore en gestation, mais plus très loin de fonctionner à plein régime. Nos Texans marquent 108.3 points par match sur 100 possessions, se classant 3e dans l’exercice derrière les puissances référencées que sont Golden State (112.4) et Oklahoma City (109.4). Cela leur permet de présenter le meilleur net rating de la ligue (14,9), loin devant Golden State (13,3). La domination du commando Popovich peut également s’afficher sous la forme du différentiel. Avec peu de défaites au compteur, toutes (sauf une à New Orleans) concédées par un écart de six points ou moins et une multitude de victoires écrasantes (14 par 20 points et plus, dont une de 51 points à Philadelphie), les Spurs affichaient le meilleur différentiel de toute l’histoire après 40 matchs : +564. Suivent les légendaires Lakers de 1972 avec +559, les Bucks de 72 avec +519 et les Bulls de 1996 avec +498, rien que ça.

Mais les Spurs sont aussi les Spurs car ils disposent toujours du meilleur banc en NBA. Les départs de Marco Belinelli, Cory Joseph et Aron Baynes faisaient craindre le pire pour la 2nd unit de Gregg Popovich. Le turnover est toujours roi à San Antonio puisqu’un seul joueur dépasse les 30 minutes de moyenne par match (Kawhi Leonard). Les joueurs du banc apportent en moyenne plus de 40 points par rencontre et un différentiel stupéfiant de 6.2 points par match, à des années-lumière de ceux de Golden State classés à la deuxième place dans l’exercice (1.9). Ce n’est donc pas une surprise de retrouver Manu Ginobili, Boris Diaw et compagnie en tête en termes d’efficacité offensive (108.3pts sur 100 possessions) comme défensive (92.5pts encaissés sur 100 possessions). Un effort remarquable et constant de la part des 15 joueurs qui permet aujourd’hui de contempler ce bilan en tous points positifs.

La relative facilité du calendrier apporte un bémol à toutes ces observations qui demandent confirmation sur les 41 derniers matchs mais également en playoffs,  sans gâcher le point de départ : les Spurs sont dominants et sont peut-être en train de livrer la meilleure saison de leur histoire. On ajoutera pour conclure qu’ils n’ont toujours pas perdu le moindre match à domicile (23-0) à la mi-saison et que la dernière défaite à l’AT&T Center en saison régulière remonte au mois de mars dernier. Et encore, il avait fallu un match irréel de Kyrie Irving (57 points) au bout d’une prolongation pour ramener à la raison nos Texans. Il faudra toutefois encore un gros effort pour égaler le record des Bulls de 1996 sur ce point-là. Les hommes de Phil Jackson avait « débuté » la saison par un 37-0 à domicile.

On est bien loin du bilan mi-figue, mi-raison dressé à la même époque la saison dernière. Il nous tarde maintenant de voir le calendrier se densifier dans les prochains jours avec notamment cette première confrontation face aux Golden State Warriors. En attendant, tout se passe pour le mieux du côté de Fort Alamo.

spurs 2015-16 mi-saison

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