Kevin Martin débarque, Rasual Butler sacrifié

Brian Babineau/NBAE via Getty Images

La NBA reste un business. On entend cette phrase bateau qui veut tout et rien dire environ un million de fois par saison, mais elle n’a jamais semblé aussi approprié qu’aujourd’hui à San Antonio. Coupé il y a quelques jours par les Timberwolves du Minnesota, Kevin Martin s’est retrouvé sur le marché en quête d’un strapontin chez une équipe de playoffs, prioritairement. Les Spurs ont flairé la bonne affaire et n’ont pas tardé à lui faire la cour. L’affaire s’est rapidement conclue et l’arrière endossera le numéro 23 dans le Texas, précédemment porté par les illustres Austin Daye, Malcolm Thomas, Eric Dawson, Steve Novak ou encore Alonzo Gee sur les cinq dernières années.

Même s’il n’a pas toujours été reconnu parmi les bons joueurs de la ligue, Kevin Martin reste un scoreur de renommée nationale. Drafté en 2004 par Sacramento en 26e position, il a commencé à faire parler de lui durant sa seconde saison dans la ligue, notamment grâce à une série de playoffs au premier tour face… aux Spurs. Champions en titre, nos Texans avaient sorti les Kings 4-2 non sans frayeur, perdant notamment le match 3 en Californie sur un game-winner de… Kevin Martin. Encore méconnu, ce dernier avait tourné à 13.2pts et 5.0rbds sur la série. Il deviendra ensuite un des meilleurs scoreurs purs du pays, tournant notamment à 24.6pts en moyenne par match sous le maillot des Kings en 2009 ou à 23.5pts sous le maillot des Rockets en 2011. Mais il n’est jamais vraiment considéré pour le All-Star Game ou d’autres récompenses individuelles, lui qui ne participe plus aux playoffs.

Une nouvelle chance de se montrer s’offre à lui lorsqu’il est inclus dans le fameux échange entre Houston et Oklahoma City pour James Harden. Intronisé dans le rôle de ce dernier chez le Thunder, celui de 6e homme, il effectue une saison honorable (14.0pts en moyenne par match en saison régulière, comme en playoffs) sans parvenir à aider le Thunder à franchir un palier. OKC ne fait pas le forcing pour le retenir à l’intersaison suivante et il choisit de s’engager chez les Wolves du Minnesota, où il retrouve ce rôle de scoreur-soliste au sein d’une équipe fréquentant les bas-fonds de la ligue. Il cumule toujours 20 points par rencontre en plus de 33 minutes de jeu la saison dernière, mais finit par ne plus entrer dans les plans d’une franchise tournée vers l’avenir avec les arrivées successives d’Andrew Wiggins puis Karl-Anthony Towns. Il ne joue plus que 21 minutes par match, affichant tout de même 10.6pts et 2.1rbds de moyenne.

Aux Spurs, Kevin Martin devra plus ou moins endosser le rôle laissé vacant par le départ de Marco Belinelli l’été dernier. Celui d’un électron libre capable de marquer des points par rafales. Si ses stats ont chuté cette saison, ses qualités semblent intactes, en témoigne cette poussée de fièvre à 37pts datant du 9 décembre dernier face aux Lakers. Il offrira donc une option de plus à Gregg Popovich dans un secteur où les Spurs souffrent parfois par séquences, surtout avec la baisse des pourcentages de Danny Green cette saison.

Mais cette arrivée ne s’est pas faite sans heurts. Avec déjà 15 joueurs sous contrat, les Spurs devaient se séparer d’un joueur pour valider la signature de Martin. Sans grande surprise, l’irréprochable Rasual Butler a été sacrifié. Arrivé en début de saison après avoir cravaché lors du training camp afin de garantir son contrat pour l’intégralité de la saison, le vétéran a été bien plus utile que ne le suggèrent des stats très quelconques (2.7pts et 1.2rbds en moyenne par match en 9.4min sur 46 matchs). Par son leadership, son expérience, sa défense et une surprenante capacité aux contres, il a su se rendre indispensable lors de quelques matchs et aura été un grand professionnel jusqu’au bout de son court passage dans le Texas. A bientôt 37 ans, son futur immédiat reste incertain puisqu’il ne pourra pas disputer les playoffs avec une autre équipe, mais une chose est sûre, il mérite une sortie plus honorable que celle-là. Les Spurs ont néanmoins fait ce qu’ils avaient à faire pour renforcer l’équipe et solidifier leurs chances de se battre une nouvelle fois pour le titre. La NBA reste un business.

 

Photo : Brian Babineau/NBAE via Getty Images

  • Julien Simonnet

    butler n’était pas le joueur a sacrifié a mon sens.Bonner aurait du etre coupé, il ne sert pas a grand chose. Il n’apportera rien en defense tout comme Martin.