Le bilan de la saison 2015-2016

Mike Ehrmann/Getty Images
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Préambule : Avant de commencer, je vous dois la vérité. Ce bilan était censé être publié à l’issue de la saison régulière et avant le début des playoffs. Pour des raisons indépendantes de ma volonté (une belle formule pour dire que j’ai manqué de temps), cela n’a pu être le cas. J’ai alors pensé à tirer un bilan complet saison régulière+playoffs, mais il m’a finalement semblé plus judicieux de séparer ces deux parties bien distinctes d’une saison NBA. Certaines parties ont donc été écrites avant le début des playoffs, d’autres après l’élimination des Spurs. J’ai tenté d’oublier les playoffs un maximum pour ne pas fausser mon jugement, mais cela n’a pas toujours été facile. Vous savez tout, je vous souhaite une bonne lecture.

Le rideau est tombé sur cette saison régulière 2015-2016 après la belle victoire à Dallas dans un match qui ne comptait plus vraiment (pour les Spurs en tout cas) et lors duquel Gregg Popovich avait soigneusement éviter de convier ses joueurs majeurs. L’occasion de faire le point sur cet exercice somptueux avant de rentrer dans le vif du sujet des playoffs. Qui seront finalement le seul véritable juge de paix pour situer la place de cette équipe dans l’histoire de la franchise. Voire de la ligue.

 

Saison 2014-2015

Bilan (82 matchs) : 55 victoires et 27 défaites (33/8 à domicile ; 22/19 à l’extérieur ; 32/20 face à la conférence Ouest ; 23/7 face à la conférence Est)

Stats (82 matchs) : 103.2 points (47% aux tirs, 37% à 3pts et 78% aux lfs), 43.6 rebonds, 24.4 passes décisives, 8.0 interceptions, 5.4 contres et 13.5 balles perdues

 

Saison 2015-2016

Bilan (82 matchs) : 67 victoires et 15 défaites (40/1 à domicile ; 27/14 à l’extérieur ; 43/9 face à la conférence Ouest ; 24/6 face à la conférence Est)

Stats (82 matchs) : 103.5 points (48% aux tirs, 38% à 3pts et 80% aux lfs), 43.9 rebonds, 24.5 passes décisives, 8.3 interceptions, 5.9 contres et 12.5 balles perdues

 

Après un exercice 2015 compliqué par les blessures et des résultats irréguliers, puis conclu par une élimination prématurée dès le premier tour des playoffs, on espérait une saison 2015-2016 un peu plus réjouissante compte tenu de l’effectif construit par R.C. Buford et Gregg Popovich. Non seulement on n’a pas été déçu, mais le résultat final a dépassé toutes nos espérances. Avec 67 victoires en saison régulière, les Spurs ont établi la meilleure marque de l’histoire de la franchise. Et on parle tout de même ici d’une franchise possédant une histoire plutôt riche. Avec quatre victoires de plus qu’en 2006 (année du précédent record), ils ont facilement dépassé ce record compte tenu du nombre de matchs « balancés » à cause des mises au repos de certains joueurs et de l’intérêt plus que limité portés à dix derniers matchs joués à l’économie.

Et si ce ne fut pas suffisant pour terminer à la première place du classement général (une certaine équipe venue de la Baie de San Francisco aurait, selon certaines rumeurs, gagné 73 matchs ; info non confirmée), ça l’est toujours pour prendre une belle place dans le grand livre d’histoire déjà bien fourni de la franchise. Car les Spurs ont aussi égalé un record NBA vieux de 30 ans. Avec 40 victoires à l’AT&T Center pour une seule petite défaite (contre… les Golden State Warriors), nos Texans sont passés tout près de réussir la première saison au bilan immaculé à domicile dans l’histoire de la grande ligue. Ils doivent se contenter d’égaler la performance des mythiques Boston Celtics de 1986, et c’est déjà un exploit.

Sur le plan défensif, les Spurs sont redevenus la référence au sein de la grande ligue. Avec seulement 96.6 points encaissés sur 100 possessions, ils ont dominé ce classement toute la saison (Atlanta, deuxième avec 98.8/100 est la seule autre équipe à figurer en-dessous de la barre des 100). Sur les dix dernières années, seuls les Boston Celtics de 2008 ont fait mieux sur une saison de 82 matchs (96.2/100). Symbole de cette réussite, Kawhi Leonard est le grand favori pour le trophée de meilleur défenseur de l’année, trophée qu’il a déjà remporté la saison dernière. Mais c’est tout un collectif qui a pris forme, en témoigne l’implication des nouveaux et notamment LaMarcus Aldridge qu’on n’attendait pas à ce niveau. Toujours aussi disciplinés autour du grand chef Tim Duncan, Fort Alamo a retrouvé ses lettres de noblesse, perdus pendant l’espace d’une saison.

De l’autre côté du parquet, l’adaptation de LaMarcus Aldridge et des autres nouveaux a pris du temps, mais ne les empêchent pas de prendre la troisième place de l’efficacité offensive (108.4pts marqués sur 100 possessions) juste derrière Golden State (112.5) et Oklahoma City (109.9). Avec une bonne trentaine de matchs où l’exécution offensive fut difficile, compte tenu de la mise en place du collectif et de nouveaux principes d’isolations autour de Leonard et Aldridge. Nos Texans terminent d’ailleurs avec un meilleur net rating que les Dubs (11.8 contre 11.6). Alors qu’est-ce qui n’a pas fonctionné cette saison ? Très franchement, pas grand-chose. Une difficulté toute relative face aux cadors de la NBA, Warriors en tête. On nous l’avait déjà reprochés en 2014, on sait comment ça a fini…

Ce qui a changé finalement, c’est le contenu. Si les Spurs restent un modèle de circulation du ballon et de collectif, le retour à un jeu plus statique sur demi-terrain n’aura échappé à personne. Aldridge et Leonard ont joué plus de un-contre-uns que tous les Spurs réunis depuis deux ans (on exagère à peine) et malgré un nombre de passes décisives très similaire et quelques séquences qui restent en mémoire (la fameuse contre les Timberwolves… les vrais savent), les Spurs sont revenus à des bases de leur jeu plus traditionnels. Sans pour autant perdre en efficacité, en témoigne ce bilan exceptionnel.

Les Spurs ont retrouvé cette saison leur statut de puissance au sein de la conférence ouest, en étant d’une constante affolante face aux « petites » équipes, tout en battant suffisamment de « grosses » équipes pour ne pas soulever trop de questions. Ils n’ont connu qu’une seule série de défaites, et c’était lors de la toute fin de la saison régulière, sans aucun enjeu et avec deux matchs face aux Warriors en quête du record absolu des Chicago Bulls de 1996. Si certains ont préféré chasser ces marques historiques (et grand bien leur fasse), Gregg Popovich a privilégié le repos de ses vieux guerriers en attendant les joutes relevés de la postseason. On ne saura que dans quelques semaines si un pari fut plus payant que l’autre. En attendant, les Spurs sont bel et bien présents parmi les contenders et nous n’en demandions pas plus.

spurs sr 2016

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