Demi-finale de conférence, Game 2 (1-1) : Dramatique retournement de situation (97-98)

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La vérité d’un soir n’est pas celle du lendemain. Beaucoup avaient oublié ce précepte à l’issue de la démonstration collective des Spurs qu’avait représentée le Game 1, mais le Thunder s’est chargé de le rappeler à sa manière. Tout en dureté et en agressivité défensive, mais surtout en talent pur avec le formidable numéro de ses deux solistes Kevin Durant et Russell Westbrook. La claque du premier match avait marqué les esprits, mais c’est bien le Thunder qui rentre chez lui en position de force alors que les Spurs s’apprêtent à disputer deux matchs sous haute tension à Oklahoma City.

 

Le film du match

Le premier quart-temps se déroule à l’inverse de celui de samedi soir avec un Russell Westbrook très en cannes et plus rapide que tous les Texans réunis. Les Spurs se distinguent par une multitude de lay-ups ratés, notamment par un Tim Duncan en grande difficulté. Même Kawhi Leonard est aphone, laissant le seul LaMarcus Aldridge évoluer à son véritable niveau en évitant le naufrage de son équipe. Les Spurs compteront pourtant jusqu’à 13 longueurs de retard, oubliant leurs principes défensifs, en même temps que leur adresse. Il faut l’entrée en jeu de la 2nd unit pour retrouver au moins un peu de cohérence offensive et un tir à 3pts au buzzer du premier quart-temps signé Manu Ginobili pour limiter la casse (21-29).

Deux nouveaux tirs longue distance de Patty Mills et Danny Green confirment la rébellion texane et c’est un nouveau match qui débute. Les Spurs prennent momentanément les commandes alors que Kawhi Leonard se montre enfin à son avantage malgré deux fautes personnelles. Gregg Popovich souhaitant le protéger un maximum, il le garde précieusement sur le banc lors des dernières minutes avant la pause. Le Thunder profite de cette aubaine pour reprendre la tête grâce au duo Westbrook-Durant toujours très en jambes, alors que LaMarcus Aldridge est toujours le seul Spur véritablement à la hauteur de l’événement (53-56).

Serge Ibaka se signale par un tir à 3pts dès la reprise et le Thunder commence à prendre ses aises avec une avance confortable atteignant jusqu’à 11 longueurs. Russell Westbrook se joue de la défense proposée par les locaux et c’est uniquement lors de sa sortie que les Spurs parviennent à revenir dans le match avec un 12-2 pour finir la période. Un peu mieux en place défensivement, la troupe de Pop ne se rend pas mais ne réussit pas à prendre l’avantage avant la fin du troisième quart-temps (76-77).

Cette fois, c’est au tour de Kevin Durant de revenir à la charge, bien aidé par Enes Kanter. Gregg Popovich a perdu son pari en ayant lancé un cinq limité et rappelle rapidement son duo de stars et Tim Duncan sur le parquet. Mais c’est bien Danny Green qui relance un match qui commençait à échapper aux siens avec deux tirs à 3pts consécutifs qui réveillent d’un seul coup l’AT&T Center. Le match se tend et chaque panier vaut son pesant d’or et à ce petit jeu-là, LaMarcus Aldridge se défend toujours aussi bien face à Durant et Westbrook. C’est encore lui qui ramène son équipe à seulement deux longueurs avec un tir à 3pts à 25 secondes du terme. C’est toujours lui qui inscrit trois lancers-francs pour réduire l’écart à une petite longueur à 13 secondes de la fin du match.

13. Un nombre qui porte malheur et qui trottera longtemps dans la tête des fans présents dans la salle et devant leur écran. Alors que seul un miracle semble pouvoir sauver les Spurs de la défaite, Dion Waiters ne parvient pas à effectuer convenablement la remise en jeu et envoie le ballon un peu au hasard. Danny Green se saisit miraculeusement du ballon ce qui offre un trois contre un inespéré aux Spurs. Mais la présence de Steven Adams ainsi que la surprise des Spurs ne leur permet pas de trouver un bon tir et la tentative de Patty Mills est trop courte pour espérer rentrer dans le filet. Cette séquence, marquée par d’innombrables oublis de la part des arbitres (certains en faveur des Spurs, d’autres en faveur du Thunder) fait déjà couler beaucoup d’encre depuis la fin de la rencontre, mais restera telle quelle. C’est bien le Thunder qui s’impose au terme d’un effort héroïque.

 

Les évaluations

SpurSpurSpurSpurSpur

LaMarcus Aldridge (41pts à 15/21 et 10/10 aux lfs, 8rbds, 3pds et 2ctres en 43min) : Tout simplement phénoménal de bout en bout, il fut exceptionnel et demeure le seul Spur à qui on ne peut strictement rien reprocher. Un monstre.

 

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Manu Ginobili (11pts à 5/8, 3rbds et 2ints en 22min) : S’il a souffert en défense, il a offert une alternative appréciable en attaque et a joué plutôt juste jusqu’à la dernière séquence. Il en a définitivement encore sous le capot.

 

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Kawhi Leonard (14pts à 7/18, 7rbds, 3pds, 2ints et 2ctres en 36min) : Coupable de fautes prématurées qui ont altéré sa défense globale sur l’ensemble du match, il a livré un match décevant par rapport au statut qui est le sien désormais, notamment en manquant quelques tirs « faciles » en quatrième quart-temps. Ses chiffres finaux sont loin d’être catastrophiques, mais on attend évidemment beaucoup plus de lui. Il nous doit une revanche.

Danny Green (9pts à 3/11, 2rbds et 4ints en 36min) : Deux tirs à 3pts qui ont failli sauver les Spurs, mais globalement une multitude de mauvais choix offensifs, comme à chaque fois qu’il sort de son domaine de compétences. Toujours aussi énigmatique lorsqu’il se prend pour quelqu’un qu’il n’est pas et ne sera jamais. Moins impactant en défense qu’à l’accoutumée, même s’il a assuré le minimum syndical.

Tony Parker (7pts à 3/9 et 6pds en 27min) : De bons moments, mais les Spurs avaient besoin de tellement plus de sa part, surtout lors des moments de sécheresse offensive. Il donne malheureusement l’impression de ne pas pouvoir donner beaucoup plus.

David West (6pts à 3/8 et 3rbds en 11min) : Il s’est bien battu mais n’est pas vraiment taillé pour lutter avec les Golgoths d’OKC.

 

Spur

Tim Duncan (2pts à 1/8, 9rbds et 2pds en 28min) : Dépassé physiquement, il a subi la loi de Steven Adams malgré quelques rebonds importants. Il a manqué une multitude de lay-ups qu’il ne manquait jamais il a encore quelques mois. Le genre de match qui nous conforte dans l’idée qu’il vit actuellement les derniers moments de sa vie sur un parquet NBA. Mais on sait qu’il va rebondir au prochain match. C’est ce qu’il a toujours fait.

Patty Mills (5pts à 2/9, 2rbds et 2pds en 21min) : Il a dégainé à tout-va sans jamais trouver le chemin des filets, ou en de très rares occasions. Il a manqué ses six tentatives du dernier quart-temps et a semblé une nouvelle fois en difficulté en termes d’impact physique. Il doit absolument faire mieux lui aussi.

Boris Diaw (2pts à 1/2 en 8min) : Inexistant en grande partie car très (trop ?) peu utilisé. A l’instar de David West, son physique ne lui permet pas d’être très efficace face à ce type de gabarits.

Boban Marjanovic (2rbds en 3min) : Il n’a pas suffisamment jouer pour mesurer un quelconque impact mais il sera intéressant de voir s’il est plus utilisé à Oklahoma City.

Kyle Anderson (0pt en 5min) : Il n’a fait que passer.

 

N’ont pas joué

Kevin Martin et Andre Miller. Jonathon Simmons et Matt Bonner étaient inactifs.

 

En plus

– Voici le lien vers le rapport d’arbitrage dans les deux dernières minutes délivré par la NBA. La grande ligue dénombre pas moins de cinq erreurs d’arbitrage dans les treize dernières secondes du match (dans un sens ou dans l’autre).

 

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