Demi-finale de conférence, Game 3 (2-1) : Avec le cœur, avec les tripes (100-96)

Alonzo Adams/AP

Dans une salle où ils ont rarement connu le succès à travers les années, les Spurs ont repris la main sur une série qui a pourtant manqué de leur échapper à plusieurs reprises. Mais avec une force de caractère inégalable, ils ont déjà obtenu ce qu’ils étaient venus chercher dans l’Oklahoma : l’avantage du terrain.

 

Le film du match

Si quelques erreurs défensives viennent polluer leurs premières minutes, les Spurs entrent parfaitement dans le match avec notamment une adresse à 3pts retrouvée. Kawhi Leonard profite des largesses défensives du Thunder et LaMarcus Aldridge continue de réussir des tirs plus difficiles les uns que les autres. Russell Westbrook et Kevin Durant commencent leur chantier habituel, mais la défense texane finit par prendre le pas sur les offensives des locaux. Après 12 minutes de jeu, les Spurs respectent leur plan de route supposé (27-20).

L’entrée en jeu des deux bancs est le plus logiquement du monde favorable aux hommes de Gregg Popovich qui enfoncent le clou jusqu’à compter 15 points d’avance (35-20). En pleine crise offensive, le Thunder ne marque pas le moindre point pendant plus de sept minutes ! Mais nos Texans n’en profitent que partiellement. L’exécution n’est pas aussi précise qu’on pourrait le croire et beaucoup de lancers-francs sont laissés en route. Serge Ibaka fait admirer son adresse à longue distance et le retour de la fusée Westbrook remet les choses dans le bon ordre pour les locaux. Ils parviennent même à remporter ce deuxième quart-temps et rentrent aux vestiaires en ayant réduit l’écart (47-42).

Les Spurs entrent de nouveau mieux dans le match que leurs adversaires, forçant Billy Donovan à demander un temps-mort rapide. Mais le duo Durant-Westbrook fait encore des siennes et empêche toute échappée des Spurs. Le match se tend et chaque panier commence à coûter très cher, mais la troupe de Gregg Popovich parvient constamment à garder l’avantage sur un tir à 3pts de Tony Parker par-ci, un dunk féroce de Kawhi Leonard par-là. Le meneur français commet une bourde en offrant gracieusement trois lancers-francs à Westbrook mais réplique par une poignée de tirs importants pour redonner de l’air à son équipe. Insuffisant toutefois pour rejoindre le banc avec un petit matelas, le Thunder grappillant encore quelques points à l’entrée du dernier quart-temps (72-69).

Les 12 dernières minutes s’annoncent épiques et ça commence plutôt mal pour les Spurs qui après un tir à 3pts signé Leonard, encaissent un 8-0 conclu par deux tirs à 3pts assassins d’Ibaka et Westbrook. Le Thunder a enfin réussi à prendre les devants et semble s’envoler vers la victoire alors que Popovich rappelle tout le monde sur son banc (77-81). Mais une fois de plus, les Spurs ne paniquent pas et retrouvent de la fluidité offensive. Parker, Leonard et Aldridge assument tour à tour leurs responsabilités offensives et c’est le premier qui redonne finalement les commandes aux siens sur un tir complètement ouvert (87-85). Avec le recul, le match s’est probablement joué à ce moment-là.

Aldridge et Leonard vont chercher des points faciles sur la ligne de lancer-franc et Oklahoma City retombe dans ses travers en perdant des ballons bêtement. Les Spurs n’en demandaient pas tant mais réussissent tout de même quelques actions-clefs comme ce hook main gauche avec la planche de David West pour leur redonner 7 points d’avance à l’entrée de la dernière minute. Le Thunder reste menaçant mais contrairement au début de match, les Spurs convertissent tous les lancers-francs décisifs par Tony Parker et Kawhi Leonard.

 

Les évaluations

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Kawhi Leonard (31pts à 9/17 dont 3/4 à 3pts et 10/14 aux lfs, 11rbds et 3pds en 39min) : Certains commençaient à douter de lui après un seul match en partie raté. Sa réponse fut cinglante. Omniprésent aux quatre coins du parquet, il a été exceptionnel en défense, frustrant Russell Westbrook et Kevin Durant dans le final puis a été chercher ses points à la dure, et pas seulement en étant chaud comme la braise à mi-distance/3pts. Il a travaillé pour se défaire du marquage serré d’Andre Roberson et est allé provoquer des fautes comme il a rarement fait dans sa carrière. Cerise sur le gâteau, il a été clutch sur la ligne de lancer-franc. Un vrai patron qui a pris ses responsabilités lorsque son équipe en avait besoin.

 

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LaMarcus Aldridge (24pts à 8/21 et 8/10 aux lfs et 8rbds en 44min) : Redevenu humain offensivement, il a toutefois livré une prestation très solide dans ce secteur. Mais au-delà de ça, il a passé son match à batailler avec vigueur dans la raquette et ce n’est pas une mince affaire face aux monstres physiques du Thunder. Seul joueur de grande taille lorsque Tim Duncan passe le plus clair de son temps sur le banc et que Boban Marjanovic n’en décolle pas une seule seconde, il assume de plus larges responsabilités qu’on aurait pu imaginer avec une certaine réussite. Tout en mettant les mains dans le cambouis sans hésiter.

Tony Parker (19pts à 7/14 dont 3/6 à 3pts, 8rbds, 5pds en 35min) : Son début de rencontre n’était pas très encourageant avec deux-trois oublis défensifs qui ont fait entrer Gregg Popovich dans une colère noire. Il n’a plus les jambes pour battre systématiquement son opposant en un-contre-un. Il a manqué de jugeote sur une action qui a gracieusement offert trois points à Russell Westbrook. Mais il a livré une prestation grandiose. Parce qu’il connaît ses limites et tente par tous les moyens de se rendre utile, en témoignent ses 8 rebonds dans un match d’hommes où les Golgoths règnent en maîtres. Parce qu’il a réussi tous les tirs que la défense du Thunder lui a donné sans sourciller. Parce qu’il est d’une justesse incroyable dans sa prise de décision offensive (1 seule balle perdue hier, 2 depuis le début de la série, pour 23 passes décisives). TP le formidable attaquant n’est plus. Il apparaîtra de temps à autre, mais il ne faut plus vraiment compter sur lui pour gagner un match de ce niveau. Mais TP le général n’a jamais été aussi fort, dans sa connaissance du jeu, dans l’acceptation d’un rôle moins important. Et c’est ce TP là dont les Spurs ont besoin aujourd’hui.

 

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Danny Green (8pts à 3/6 dont 2/5 à 3pts, 3rbds et 2ints en 34min) : Fondamental. Si Kawhi Leonard est Batman en défense, Danny Green est le Robin ultime. On ne compte le nombre de points qu’il sauve sur les contre-attaques adverses en tapant le ballon au bon moment, en faisant l’effort de revenir quelle que soit la situation. En attaque, il fait son job et ne force rien. C’est tout ce qu’on lui demande. Cette série rappelle une fois de plus pourquoi les Spurs et plus particulièrement Gregg Popovich adorent avoir Danny Green sur le terrain même lorsqu’il shoote à 20% toute la saison.

 

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David West (7pts à 3/6, 2rbds et 2pds en 25min) : Rien d’extravagant, mais du combat de tous les instants, un petit tir à 3pts qui débloque une situation par-ci, un hook décisif main gauche venu d’un autre temps par-là… Essentiel par son état d’esprit, même si son rôle est mineur.

Manu Ginobili (5pts à 1/4 et 3/6 aux lfs, 3rbds, 3pds et 2ints en 19min) : Il a rempli sa part du travail, même si celle-ci est nettement moins excitante que celle qu’il avait à remplir ces dernières années.

Patty Mills (3pts à 1/1 et 2pds en 13min) : Il a peu joué suite au bon comportement général de Tony Parker, mais il n’a pas fait d’erreur et a rentré sa seule tentative à 3pts de la soirée.

 

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Tim Duncan (2pts à 1/4 en 14min) : Il a été globalement transparent, mais il n’a pas fait de mal à l’équipe comme cela avait été le cas lors du Game 2. Il profite de ses derniers instants de basketteur professionnel avec des plaisirs simples, comme réussir une touche décisive. Le bilan est maigre pour une légende de sa stature. Mais tout ce qui lui importe est de gagner. Mission accomplie Mr Duncan.

Boris Diaw (1pt à 0/3 et 2pds en 13min) : Invisible. Cette série n’est définitivement pas faite pour lui. Patience, celle qui est taillée à sa mesure arrive bientôt, si évidemment les Spurs se qualifient.

Kyle Anderson (0pt à 0/1 en 3min) : Son plus/minus de -7 lors de ses quelques minutes passées sur le parquet est cruel, mais un peu révélateur.

 

N’ont pas joué

Boban Marjanovic, Kevin Martin et Andre Miller. Jonathon Simmons et Matt Bonner étaient inactifs.

 

Photo : Alonzo Adams/AP