Demi-finale de conférence, Game 4 (2-2) : La digue a cédé (97-111)

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Rassuré par sa victoire dans le Game 3, la troupe de Gregg Popovich souhaitait frapper un grand coup dans l’Oklahoma avant de rentrer à la maison. Mais après trois quarts-temps idéaux, les Spurs ont cédé devant la furia Thunder symbolisée par le déchaînement de Kevin Durant.

 

Le film du match

Même si Steven Adams reprend son chantier là où il l’avait laissé après le Game 2, les Spurs entrent parfaitement dans le match grâce à leurs deux stars, Kawhi Leonard et LaMarcus Aldridge, mais aussi à une défense toujours aussi étouffante. Le Thunder est limité à 17 petits points tandis que l’entrée en jeu de la 2nd unit texane booste les hommes de Gregg Popovich qui terminent la période sur un 9-2 conclu par une contre-attaque de Kyle Anderson (27-17).

L’écart se stabilise autour de la dizaine de points pour des Spurs particulièrement à leur affaire et c’est l’improbable Dion Waiters qui va relancer son équipe alors que Russell Westbrook et Kevin Durant piochent légèrement. Durant finit tout de même par égaliser, mais alors que la salle commence à s’enflammer, Kawhi Leonard stoppe les ardeurs du public d’un dunk violent sur Steven Adams. Cette action relance nos Texans qui terminent encore une fois parfaitement le quart-temps et rejoignent les vestiaires avec huit points d’avance (53-45).

Oklahoma City revient des vestiaires avec de meilleures intentions mais ne parvient pas à réduire l’écart instantanément. Toutefois, la défense des Spurs se relâchent et subit plus d’assauts en quelques minutes que durant l’intégralité de la première mi-temps. Kawhi Leonard se démultiplie pour combler les brèches et maintient son équipe aux commandes, mais Westbrook finit par égaliser avant que Waiters n’offre un premier avantage aux siens. Deux tirs à 3pts signés Manu Ginobili et Boris Diaw redonnent toutefois de l’air aux Texans avant la dernière période (81-77).

Le retour à la réalité va cependant être très rude. La folie a définitivement gagné la Chesapeake Arena qui s’enflamme au rythme des paniers d’un Kevin Durant soudainement en lévitation. La défense serrée de Kawhi Leonard n’y change rien, le MVP de la saison 2014 a trouvé son rythme de croisière et ne manque plus rien. En face, Leonard et Aldridge sont aphones (1 point en cumulé sur les douze dernières minutes) alors que Serge Ibaka, Enes Kanter et Steven Adams se gavent au rebond offensif. Dominés athlétiquement et en manque d’inspiration offensive, les Spurs concèdent logiquement le match et un gros écart, même si cela reste anecdotique.

 

Les évaluations

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Kawhi Leonard (21pts à 7/19 dont 0/4 à 3pts et 7/7 aux lfs, 6rbds, 2pds et 4ints en 40min) : Il a longtemps porté l’équipe en réalisant trois premiers quarts-temps d’excellente facture. Mais il a disparu offensivement lors du dernier et plus inquiétant encore, il a semblé tout simplement manquer d’énergie. Il n’a pas réussi à stopper l’ouragan Durant, même s’il est difficile de le blâmer tant il a rendu la vie difficile à la star du Thunder qui a simplement rentré de très gros tirs. Mais les Spurs ne peuvent pas se permettre qu’il ait un petit coup de pompe physique. Eléments de réponse à ce propos lors du Game 5.

Tony Parker (22pts à 10/16 et 3pds en 32min) : Dans la lignée de son match précédent, il a parfaitement géré le tempo tout en apportant sa patte au scoring. On pourra lui reprocher quelques pertes de balle auxquelles il ne nous a pas habitués, mais difficile d’attendre plus de sa part.

 

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LaMarcus Aldridge (20pts à 8/18 et 4/5 aux lfs, et 6rbds) : Beaucoup plus discret que ne l’indiquent ses statistiques. Puis surtout, il n’a pas existé en deuxième mi-temps, finissant souvent très court sur ses tirs, comme s’il avait manqué de jus lui aussi. On attend mieux de sa part à l’AT&T Center.

Boris Diaw (11pts à 5/8 et 3rbds en 21min) : S’il n’avait pas été du cinq qui a terriblement souffert au rebond en quatrième quart-temps (mais est-ce vraiment de sa faute ?), il aurait livré le match quasi-parfait, tout du moins le genre de prestation qu’on attend de sa part. Agressif et opportuniste en attaque, il a apporté un peu d’alternance, mais a trop subi en défense face aux monstres physiques du Thunder.

David West (8pts à 4/10, 7rbds et 2pds en 25min) : Une présence essentielle dans le combat mais à l’image de Boris, son manque de centimètres s’est payé au prix (très) fort.

Manu Ginobili (9pts à 3/5 et 2rbds en 22min) : Après des années passées à regretter (parfois) ses tentatives plus risquées les unes que les autres, on en est presque étonné de le voir aussi sobre dans son jeu quand l’équipe est en difficulté. Sans doute le signe ultime que la fin est proche pour lui aussi.

Patty Mills (4pts à 2/4, 2rbds et 3pds en 16min) : Pas mauvais, mais trop peu impactant.

Kyle Anderson (2pts à 1/2 et 3ints en 6min) : Efficace mais sur un temps de jeu trop limité pour avoir un quelconque impact.

 

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Tim Duncan (0pt et 3rbds en 12min) : Son mental en acier trempé pourra-t-il reprendre, même brièvement, le dessus sur son physique à bout de forces ? On l’espère tant…

Danny Green (0pt à 0/3, 5rbds et 2ints en 28min) : Invisible en attaque, mais ce n’est pas le plus important. Il n’a pas eu son rendement habituel en défense et cela s’en ressent très fortement sur le dénouement du match.

Boban Marjanovic, Andre Miller et Kevin Martin (0pt en 1min) : Entrés en toute fin de match lorsque le match était décidé.

 

N’ont pas joué

Jonathon Simmons et Matt Bonner étaient inactifs.

 

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