Demi-finale de conférence, Game 5 (2-3) : Le coup fatal ? (91-95)

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Les Spurs ont une nouvelle fois perdu devant leur public, chose qui n’était arrivée qu’à une seule reprise en saison régulière. Le signe définitif que les espoirs de titre se sont envolés ? Gregg Popovich et ses hommes auront une dernière chance ce jeudi dans l’Oklahoma. Au vu de ce qu’ils ont produit à l’AT&T Center, il faudra un véritable exploit.

 

Le film du match

L’entame de match est symptomatique des problèmes rencontrés par une équipe en souffrance sur le plan athlétique. Alors que Russell Westbrook cavale comme un forcené sur jeu rapide, les Spurs sont rapidement dépassé par le rythme et ratent une multitude de tirs dans leurs positions habituelles. Gregg Popovich en a assez vu, il appelle son premier temps-mort après un 9-2 réussi par le Thunder. Kawhi Leonard vient alors à la rescousse des siens, soutenu par Danny Green, mais c’est bien le Thunder qui dirige les opérations, grâce à sa défense. Les Spurs sont limités à 16 petits points sur les 12 premières minutes et Kevin Durant inscrit cinq points de suite sur un 7-0 qui conclut ce premier quart-temps (16-22).

Kevin Durant et Dion Waiters continuent de jouer les tourmenteurs avant que les Spurs ne réagissent par l’intermédiaire de Kawhi Leonard. Le match s’équilibre enfin alors que Tony Parker donne aux siens un premier avantage, salué comme il se doit par le bouillant public de Fort Alamo. La troupe de Gregg Popovich a encore du mal à matcher l’intensité physique déployée par le Thunder, mais deux tirs à 3pts signés Leonard et Green lui offre cinq points d’avance à la mi-temps, malgré une prestation peu convaincante (48-43).

Le match semble définitivement choisir le camp texan lorsque Danny Green expédie deux tirs à 3pts de suite dans le filet, offrant 13 points d’avance à son équipe. Le Thunder manque alors de solution offensive et se laisse distancer mais Westbrook et surtout Steven Adams et Enes Kanter à l’intérieur reprennent du poil de la bête. Oklahoma City domine à nouveau physiquement face à des Spurs moins outillés dans le domaine. Westbrook à 3pts sonne la première alerte alors que le Thunder revient à 6 points, mais c’est Randy Foye qui rappelle que le match est loin d’être terminé lorsqu’il y a va lui aussi de sa petite bombe dans le corner. Après trois périodes, tout reste à faire (72-69).

Les débats se durcissent et cela avantage forcément le Thunder. Danny Green continue de faire feu de tout bois, mais c’est bien Kevin Durant qui prend les choses en mains et égalise rapidement. Kawhi Leonard réussit quelques actions acrobatiques permettant aux Spurs de conserver l’avantage mais Oklahoma City ne lâche pas l’affaire. A l’entrée de la dernière minute, alors que chaque panier se paie très cher, les deux équipes sont encore à égalité. Survient alors le premier coup du sort qui enterre les Spurs. Steven Adams fait accidentellement tomber Danny Green qui fait faute sur Durant. Au lieu de rendre la balle aux Spurs, les arbitres donnent deux lancers-francs (et donc deux points) à la star du Thunder. En face, Tony Parker ne faut que 1/2 et le Thunder peut faire tourner l’horloge. Mais la bonne défense de Danny Green redonne de l’espoir aux siens qui récupèrent la possession. Une possession mal gérée qui termine par un mauvais tir de Parker. Le Thunder prend alors un temps-mort pour avancer le ballon et se retrouve en position idéale à 6 secondes de la fin. D’autant plus lorsque les arbitres oublient une faute rapide de Leonard pour stopper le chronomètre et offrent à Westbrook un 2+1 controversé qui clôt définitivement la rencontre. Les Spurs ont beau être furieux, ils doivent s’incliner logiquement 95-91.

 

Les évaluations

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Kawhi Leonard (26pts à 12/21, 6rbds, 4pds et 5ints en 39min) : Que lui demander de plus ? Il a été sensationnel durant la majeure partie du match, livrant un duel homérique à Kevin Durant (qu’il a d’ailleurs remporté sur un strict plan individuel). On regrettera éternellement ces dernières possessions où les Spurs n’ont pas su le trouver, suite à ses démarquages pas assez tranchants. Mais quel joueur… Meilleur +/- de l’équipe avec Tony Parker (+8).

Danny Green (20pts à 7/10 dont 6/9 à 3pts, 3rbds et 2ints en 29min) : Excellent en défense, très adroit à 3pts. Irréprochable, comme souvent depuis le début des playoffs.

 

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Patty Mills (4pts à 2/4 et 4rbds en 16min) : Pas suffisamment impactant, mais il fut loin d’être le plus mauvais.

 

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LaMarcus Aldridge (20pts à 6/21 et 8/9 aux lfs, 9rbds et 3pds en 37min) : Malgré des chiffres flatteurs en-dehors de son pourcentage, il n’a jamais pesé sur la rencontre, en multipliant les ratés en isolation. Son tir l’a fui au pire des moments et compte tenu du déroulé du match, c’est forcément une énorme déception. A sa décharge, il assume des responsabilités dans le combat qu’il ne devrait pas avoir à assumer seul. Il arrive lui aussi en panne d’essence.

Tony Parker (9pts à 4/12, 4rbds et 5pds en 32min) : Quelques flashes sporadiques de génie, mais c’est très insuffisant pour un joueur aussi important que lui. On n’évoquera même pas ses tirs forcés en toute fin de match. Oups, trop tard.

Tim Duncan (5pts à 1/6 et 3/4 aux lfs, 3rbds et 2ctres en 28min) : Toujours dépassé par les événements globalement, il a au moins montré signe de vie dans ce match. C’est un début.

Manu Ginobili (3pts à 1/4, 2rbds et 2pds en 19min) : Trop transparent, un comble.

Boris Diaw (2pts à 1/6 et 3rbds en 15min) : Vraiment pas dans son assiette. On croyait à son éveil après son bon Game 4, il est reparti aussi vite qu’il était arrivé.

David West (2pts à 1/4 en 15min) : Comme son compère de la raquette au sein de la 2nd unit, il fut le plus souvent en grande difficulté.

Kyle Anderson (0pt et 1rbd en 9min) : Il n’a pas semblé en difficulté, mais son plus/minus (-12) ne ment pas. Il ne peut pas jouer trop longtemps dans cette série.

 

N’ont pas joué

Boban Marjanovic, Kevin Martin et Andre Miller. Jonathon Simmons et Matt Bonner étaient inactifs.

 

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