Summer league : De belles promesses

USA Today

Les Spurs ne sont décidément pas fait pour le back-to-back. Champions la saison dernière après un parcours exceptionnel du côté de Las Vegas, les joueurs de Becky Hammon n’ont pu réitérer la même performance cet été. Faut-il pour autant s’en attrister ? Certainement pas. Comme chaque année, il convient évidemment de rappeler les précautions d’usage. Les prestations individuelles de ligue d’été ne valent pas grand-chose une fois la véritable saison NBA démarrée. Dans un sens ou dans un autre (Tim Duncan, dominé par Greg Ostertag en 1997 pourrait vous en toucher quelques mots…). Mais on peut parfois déceler des choses, on en veut pour preuve l’exemple Jonathon Simmons l’été dernier. Il est donc temps de tirer un petit bilan des prestations estivales de nos Texans.

 

Celui qui n’avait rien à faire là

Beaucoup se demandaient ce que faisait Kyle Anderson, MVP dominateur de la summer league l’été dernier, dans l’équipe cette année. Inutile de dire que Pop devait avoir une idée derrière la tête, puisque rien n’est fait au hasard à San Antonio. Toujours est-il que SloMo s’est littéralement baladé à Salt Lake City (23.7pts à 58% aux tirs et 46% à 3pts, 8.7rbds, 4.3pds et 3.3ints en moyenne par match) mais aussi à Vegas (18.5pts, 6rbds et 2pds) jusqu’à ce que les Spurs le rapatrie à San Antonio. En avaient-ils assez vu ou se sont-ils aperçus que le joueur perdait son temps ? Mystère. Toujours est-il qu’on l’attend avec impatience en saison régulière, tant il a semblé s’être renforcé physiquement et avoir progressé en termes de vitesse d’exécution.

 

Celui qui a confirmé

Parfois intenable l’été dernier, Jonathon Simmons a confirmé ses capacités à Salt Lake City (22pts à 50% aux tirs, 4rbds et 2.7pds en moyenne par match) puis à Vegas (16pts à 55% en 26min de jeu). On mettra toutefois un petit bémol tant il fut dispendieux (23 ballons perdus en sept matchs) et globalement maladroit dans le périmètre et à 3pts. Il fut en revanche spectaculaire dans sa capacité à attaquer le cercle. Comme SloMo, on l’attend dans la « vraie » NBA maintenant.

 

Celui qui nous a mis l’eau à la bouche

On le connaissait très peu, mais ce qu’on avait vu de lui en NCAA était intéressant. Un seul match nous aura suffi. Bloqué à Salt Lake City pour des problèmes de contrat, Dejounte Murray n’a pu jouer que le dernier match. Mais quel match. Avec 21pts et 5rbds, il a crevé l’écran, faisant valoir ses énormes qualités physiques et une capacité certaine à se faufiler jusqu’au panier avec aise. Tout cela demandait confirmation à Vegas et là encore, on n’a pas été déçu. Irrégulier, peu efficace dans le tir extérieur et perdant beaucoup de ballons, il a parfois été dans le dur, mais a livré par séquences des choses très intéressantes pour le futur. Il termine à 10.8pts, 6rbds, 2.6pds et 2.4ints en moyenne, livrant notamment un superbe match en clôture contre Sacramento (20pts, 9pds et 4rbds). On vous le confirme, Pop a trouvé un nouveau jouet.

 

Celui qui n’a fait que passer

Libéré seulement le dernier jour, Davis Bertans a rappelé de quel bois il se chauffait sur une fin de match très tendue contre Sacramento (15pts et 3rbds en 24min). Incroyable shooteur, mais joueur athlétique et relativement complet offensivement, il semble prêt à contribuer dès sa première saison NBA.

 

Celui qui a été trop discret

Egalement bloqué à cause de son contrat, Livio Jean-Charles n’aura pu jouer que trois matchs pour un résultat mitigé. Invisible statistiquement parlant (4pts à 55% et 1.7rbd), il a démontré comme l’an dernier de belles dispositions défensives et notamment une polyvalence très recherchée en NBA aujourd’hui, car capable de switcher efficacement sur le pick-and-roll comme de défendre sur des intérieurs qu’ils soient fuyants ou non. Il faudra néanmoins un peu plus que ça s’il souhaite se frayer un chemin régulier dans la rotation l’an prochain.

 

Celui qui intrigue

Il est sorti (quasiment) de nulle part. Bryn Forbes a livré une summer league de Salt Lake City exceptionnel grâce à un bras comme on en fait peu. Avec 16pts et 4.3rbds en moyenne par match et un joli 7/16 à 3pts, il a favorablement impressionné et aura l’occasion de confirmer ces belles dispositions lors du training camp dans deux mois. Moins en vue à Vegas, il a toutefois été un membre important de l’équipe avec 9 points en moyenne par rencontre.

 

Ceux qui ont marqué des points

Egalement signé pour le training camp, Ryan Arcidiacono n’a pas fait de folies, mais a confirmé ses qualités d’organisateur. MVP de la D-League cette saison, Jarnell Stokes a également affiché des qualités (8.8pts à 61% et 6rbds en seulement 15 minutes de jeu à Vegas), mais son profil de guerrier sous-dimensionné paraît difficilement transposable à l’étage supérieur.

 

Ceux qui ont déçu

On attendait Cady Lalanne et Youssou Ndoye au tournant après leur belle saison dans la ligue de développement de la NBA. On n’a pas vu grand-chose entre un Lalanne pas aussi combatif qu’on l’imaginait et toujours très limité des deux côtés du parquet, et un Ndoye très peu utilisé. Difficile d’imaginer ces deux joueurs être capables un jour de franchir le pas.

 

Celui qui devrait arrêter les frais

Surprise du roster, Erazem Lorbek nous a presque inspirés de la pitié. D’abord car voir un joueur de son envergure tenter d’exister dans ce genre de match était une souffrance, ensuite car son état de forme est à des année-lumières de celui d’un joueur NBA. Après deux ans sans jouer, il n’a absolument rien montré en deux semaines (3pts et 3rbds en 20min… en cumulé sur les deux summer league). Il est temps de dire stop Erazem, c’est pour ton bien.